30/05/2007ELECTIONS LEGISLATIVES
Les candidatures aux législatives sont maintenant connues, sous réserves de quelques décisions des Tribunaux Administratifs. L'occasion de découvrir quelques oiseaux rares. Si les médias ont remarqué la candidature d'Anne Carpentier dans le Lot et Garonne sous la bannière du Parti d'En Rire, d'autres vaillants politiques méritent de sortir de l'anonymat électoral...
Dans le Bas-Rhin un certain Monsieur Miroux porte l'étiquette "centriste intégriste", ce qui est une utile précision par les temps qui courent. Dans le Puy de Dôme Madame Mentalecheta porte haut et seule les couleurs de la "Gauche nouvelle audacieuse et réaliste" ce qui chagrinera la vieille gauche frileuse irréaliste de la rue de Solférino. Dans la Haute-Garonne, Monsieur Dancale s'affirme "Gaulliste Mitterrandiste", ce qui est peut-être plus porteur que Pompidolien-Rocardien (quoique...). Monsieur Marulier se présente dans la 3ème circonscription de Paris avec une étiquette "Lumières de Paris" qui me paraît fort obscure. Monsieur Richard, dans les Pyrénées-Atlantiques est le seul représentant du Parti des Evidences Concrètes dont le patronage est sans doute assuré par Saint Thomas. Monsieur Durel, honorable "fonctionnaire de catégorie C", doit avoir fini d'écrire un quelconque opuscule car il se présente en Seine Maritime avec l'étiquette "Pour les Droits d'Auteur", on est jamais trop prudent. Un brave retraité du Bas-Rhin se présente au nom de "l'Union Elargie des Séniors" qui n'a rien à voir avec la promotion du fist-fucking...
De nombreux mouvements régionalistes se présentent devant les électeurs, certains sont bien implantés localement. D'autres sont plus anecdotiques comme la Ligue Savoisienne qui présente quand même 8 candidats. On notera avec empathie le combat solitaire porté par l'unique candidat de l' Union radicale du renouveau bourbonnais dans l'Allier et celui du candidat du Parti Picard Démocrate dans la Somme. A l'inverse, on s'inquiètera des 4 candidats du mouvement niçois "identitaire" (comprendre d'extrême-droite) de Nissa Rebela qui poussent la plaisanterie jusqu'à se réclamer aussi de Médecin et Spaggiari...
Enfin, je dois avouer ma profonde perplexité devant les 475 candidats présentés par le mouvement La France en action que j'avoue ne pas connaître...
27/05/2007VRAC X 5
Le Neptune de Bologne n'a pas de rapport avec ce billet, je
n'avais pas d'autre idée d'illustration.
I. Babillage
Me voici envahi par ma sœur et mes neveux venus assister à l'ouverture du tournois de Roland Garros. Je traîne ma petite troupe dans tous les lieux bondés où je ne vais jamais en temps usuel (genre Forum des Halles un samedi après-midi). L'aîné passe son temps à envoyer des SMS. Ma soeur : c'est pas possible, tu as une petite copine. Lui : Non. Elle : Alors tu as un mec. Lui : Oui.
II. Passage
J'écoute une cantate profane de Bach sans grand intérêt musical mais le titre me fait sourire : Hercule à la croisée des chemins (BWV 213, Hercules auf dem Scheidewege). J'aime bien les messages subliminaux.
III. Cabotinage
Le jeune, beau et bête S* me téléphone en pleine nuit pour m'informer des évolutions de dernière minute de son état sentimental. Bien qu'il ait supprimé sur un coup de tête intempestif son profil sur GA, il continue d'en lire les blogs. Il regrette vivement que je ne parle pas de lui et de sa pratique raisonnée des plaisirs solitaires. Cher S*, sachez que mon blog est dédié aux œuvres de l'esprit, pas aux travaux manuels...
IV. Labourage
Pour m'extraire des préoccupations professionnelles je suis allé boire un verre dans un bar gay déguisé en passe-muraille. Je constate la présence d'un nouveau serveur venu en extra. Serveur fort agréable à l'œil que j'ai eu l'occasion, il y a quelques années, de voir de très près dans un exercice profane de génuflexion. Je constate avec surprise qu'il me reconnaît et qu'en outre son visage s'illumine d'un air radieux de revenez-y. Bon, les œuvres de l'esprit c'est bien, mais des fois les travaux manuels c'est pas mal non plus...
V. Pâturage
Voici donc Têtu nouvelle formule. Avant, pour varier du culte du corps photographié, on pouvait lire quelques chroniques (dont celle, excellente, de Didier Eribon). Maintenant exit Eribon, Angot et Combescot (Laperlouse), remplacés par une chronique juridique. Et pour dissuader la lecture, les textes sont imprimés en caractères microscopiques. Décidément tout fout le camp comme n'arrête pas de dire la mémé de Népo.
26/05/2007(ABSENCE DE) CONVERSATION
Je déteste les taxis.
Je déteste les taxis qui refusent une prise en charge.
Je déteste les taxis qui refusent une prise en charge à 2H30 du matin.
Je déteste les taxis qui refusent une prise en charge à 2H30 du matin et qui rajoutent "t'as qu'à y aller à pied !".
24/05/2007VRAC X 5
I. Média (1)
Le sévère revers subit par Jean-Marie Colombani au sein de la Société des Rédacteurs du Monde exprime la crise de confiance que traverse le quotidien vespéral. A vrai dire je n'ai aucun avis sur la politique menée par Colombani pour asseoir son groupe de presse. Je constate simplement le travers des journalistes prompts à illustrer le proverbe de la paille et de la poutre. En toute confraternité et dans la série "chacun son tour", Libération fait sa une avec le jeu de mot qui a déjà servi lors d'une crise précédente : la fin du "Monde" ? De son côté, incorrigible, Le Monde expédie l'information dans une maigre colonne insipide de dernière page. Ce sont pourtant les lecteurs du Monde qui sont intéressés au premier chef...
II. Média (2)
Le directeur adjoint de la campagne de Sarkozy, Laurent Solly, rejoint le groupe Bouygues pour rejoindre, après un léger délai de décence, la direction générale de TF1. Au moins les choses sont claires. A vrai dire, elles sont mêmes grossières. Mais ce qui serait impensable et proprement scandaleux sur une chaîne du service public n'est - hélas - que dans le domaine du possible ordinaire concernant une entreprise privée. Commenter personnellement cette berlusconnerie sur un blog est une chose, la commenter publiquement en tant qu'organisation syndicale en est une autre. J'ai échangé aujourd'hui deux mots à ce propos avec mon collègue chargé de ce commentaire syndical, public et institutionnel. Je n'ai pas su comment il s'était acquitté de cette tâche, jusqu'à ce que, rentrant chez moi, je le découvre en lisant le JDI. Amusant...
III. Média (3)
Avec cette mode matrimoniale qui consiste pour un ministre à s'enticher des femmes de télévision, voilà que ces dames quittent provisoirement l'antenne avant de s'occuper de magazines de divertissements ou que-sais-je encore. Une nouvelle génération de femmes journalistes va donc avoir de la promotion pour remplacer les victimes du concubinage ministériel. Ces messieurs Secrétaires d'Etat devront patienter encore quelques jours pour se placer...
IV. Alternance (1)
Je reste encore frappé par ce sentiment d'alternance fictive qui fait suite à l'élection présidentielle. Comme si François Fillon allait révolutionner ce qu'avait fait Fillon François et que Alain Juppé allait être moins droit dans ses bottes que ne l'avait été Juppé Alain. Dans un billet précédent j'avais dit que l'alternance était de passer du RPR à l'UMP. Cette boutade me paraît encore plus vraie aujourd'hui. Il y a effectivement un pan du passé de la droite gaulliste qui a sombré et qui donne ce parfum d'alternance droite-droite. Fox News ne s'y est pas trompée qui a levé la campagne de boycott contre la France lancée depuis le "non" de Chirac à la guerre du Golfe. En fait, je préférais quand nous étions boycottés par cette chaîne ultra-conservatrice...
V. Alternance (2)
Nous voici donc gratifiés d'un nouveau portrait officiel du Président de la République. Comme ce portrait n'ornera pas le chevet de mon lit, le fait que je le trouve laid n'a guère d'intérêt. On pourrait me reprocher de ne point être objectif dans ma vision de ce portrait de guingois avec un président curieusement de trois quart près de drapeaux qui le dominent. Donc je ne dirais pas que ce portrait est de guingois avec un président curieusement de trois quart près de drapeaux qui le dominent. Reste que je suis perplexe sur la signification de l'arrière-plan avec ce seul livre dont la couverture est exposée au niveau du regard du nouvel élu. Sachant que ce singulier détail n'a pas été laissé au hasard, je me noie dans les hypothèses. Qui saurait m'aider à décrypter le message subliminal présidentiel ?
21/05/2007REBOND ENERVE
Il y a chez les donneurs de leçons ce je-ne-sais-quoi qui hésite entre cynisme et naïveté.
Voilà un jeune picto-charentais qui espère devenir rapidement un vieux notable qui après nous avoir gratifié de billets récurrents tout à la gloire du libéralisme triomphant et après avoir pourfendu Ségolène Royal de toutes ses flèches (même sur des rumeurs non avérées), vient aujourd'hui pleurnicher contre le manichéisme politique qui règne en ces lieux. La leçon eût été mieux reçue s'il avait donné lui-même l'exemple de la tempérance qu'il prêche pour les autres.
Je le lui aurais dit si j'avais été autorisé à commenter son blog mais comme il n'accepte que les laudateurs nous ne dialoguerons pas...
20/05/2007MEDISANCE
Lui : Qu'est-ce que tu as fait hier ?
Moi : Je suis allé boire un verre au Bear's Den...
Lui : Tu n'as pas fait les musées ?
Moi : Si, justement...
18/05/2007MATIGNON
Le nouveau Gouvernement étant désormais annoncé, quelques remarques...
1 - Un aspect positif : Il faut mettre au crédit de Nicolas Sarkozy d'avoir tenu sa ligne avec un nombre de ministères restreint et la parité promise. Cette volonté était d'autant plus difficile à tenir qu'elle s'opposait frontalement à nombre d'ambitions personnelles de ses amis. Ce qui, comme le souligne bamf, renvoie en creux les boulets auxquels on a échappé. Mais la constance et la volonté de Sarkozy renvoie aussi à la faiblesse de certains gouvernements de gauche où la "récompense" a parfois brouillé la cohérence politique.
2 - L'ouverture : La composition du gouvernement est aussi un coup politique. En déclarant vouloir tenir compte de la compétence plutôt que la fidélité, Sarkozy jette une pierre dans le jardin de Bayrou ("prendre les meilleurs à gauche et à droite"). Répondons à la question posée par Maléficio sur la distinction entre ouverture et félonie : lorsque Mitterrand avait prôné l'ouverture, les personnalités qui entrèrent au Gouvernement furent de second plan et n'étaient pas en première ligne du combat électoral ; aujourd'hui c'est une première, les personnalités dites d'ouverture étaient en première ligne et ont basculé en cours de campagne, du précoce Besson au tardif Kouchner en passant par la défection des UDF au milieu du gué. Qu'on le veuille ou non l'impression donnée est celle d'une désertion sur les ruines encore fumantes d'un combat électoral perdu et non l'aboutissement d'une démarche politique annoncée, réfléchie et voulue.
3 - Les personnalités : Comme il vaut mieux juger aux actes qu'aux intentions, nous réserverons nos traits aux moments opportuns. Certains postes sensibles ont été confiés à des personnalités plutôt aptes au dialogue. D'autres ont des maroquins de circonstance (Juppé s'en contentera-t-il longtemps ?). Kouchner est placé dans une situation contrôlée flanqué d'un Jouyet dont la compétence en matière européenne est reconnue. Boutin ne s'occupera pas de la Famille, ce qui aurait été un casus belli, mais du logement. Cependant en offrant un ministère à Boutin et en acceptant l'investiture UMP aux législatives à Christian Vanneste, l'homophobie bénéficie d'une impunité remarquable... On peut douter de la capacité de Pécresse à prendre en compte la crise actuelle de la Recherche et on regardera d'un œil amusé Bachelot s'occuper de la santé et du sport... Enfin, et ce n'est pas la moindre des choses, on se demande bien ce que fera Hortefeux dans un ministère dont l'objet - au mieux nous échappe - au pire nous angoisse. Pour le reste...
POST-SCRIPTUM : En lisant un certain salmigondis sur GA je suis heureux d'apprendre que la gauche est toujours plus à gauche au fil de l'Histoire (on a pas dû lire les mêmes théoriciens) et que la droite glisse par voie de conséquence toujours plus à gauche, ce qui m'avait échappé (quoique Sarkozy n'ait pas encore dit de la municipalité parisienne comme Monsieur Thiers de la Commune "qu'on la fusille !"). De surcroît, les choses n'existant pas sans les mots pour les dire, il n'y avait donc que "l'ordre naturel et l'ordre divin" avant que les représentants du peuple ne s'assoient à droite ou à gauche de l'Assemblée. La seule chose qui vaille est " la philosophie pérenne fondée sur la nature des êtres et des choses", philosophie qui n'ose pas dire son nom et pour laquelle l'homosexualité ne trouve sa place que moyennant des contorsions et de petits arrangements. Voilà ce qu'il y a de bien sur GA : on côtoie des gens qui ne viendront pas rôtir avec nous en enfer.
17/05/2007VRAC X 5
Avant-hier, rue "sauna" à Tallinn.
I. Homophobie
Journée mondiale contre l'homophobie. Ce type d'initiative aura pour mérite de faire un sujet dans les médias. Pourtant, je reste assez étonné car c'était la vocation originelle de la Gay Pride d'affirmer cette lutte suite aux affrontements de Christopher Street en juin 1969. Sans doute, à Paris, la Gay Pride qui a changé de nom a aussi changé de nature. Mais ailleurs dans le monde elle reste une journée d'affirmation difficile et tendue... Mais, bon, puisqu'il en est ainsi, déclamons aujourd'hui notre rejet de l'homophobie.
II. Lubie
Ceci ayant aussi un rapport avec cela, remarquons que le ministre de l'Intérieur a annoncé au gratuit Illico l'abandon des poursuites sur la base de la protection des mineurs. C'était bien le moins. Monsieur l'encore-ministre a le sens de l'à-propos.
III. Zombie
Aujourd'hui, Monsieur Christian Vaneste restera enfermé chez lui. Il fait mauvais temps...
IV. Cénobie
Aujourd'hui, Madame Christine Boutin restera enfermée chez elle. Elle fait repentance...
V. Troglobie
Aujourd'hui j'irai étudier les mœurs cavernicoles dans le Marais. Sans commentaire...
RETOUR D'ESTONIE
Ouvrir ce billet avec la cathédrale orthodoxe Alexandre Nevski pour parler de Tallinn est un peu trompeur puisque cette ville hanséatique est très majoritairement luthérienne. Mais ça fera plaisir à quelques uns...
Avant de partir en exil j'ai quand même regardé dans quel ordre étaient superposés les trois petits pays baltes afin de ne pas avoir l'air trop cruche. Comme il n'y a pas trente-six solutions de vol pour rejoindre Tallinn, j'ai dû me lever à l'heure où je me couche ce qui est assez perturbant. Changer de fuseau horaire achève de me faire perdre le nord.
Il me plaisait de découvrir un endroit d'Europe qui m'était totalement inconnu, un pays qui est un mélange de modernité et d'évocation continue de son propre passé, une terre "libérale" à l'offensive sur le marché européen des services. Et puisqu'ici le wifi est en libre accès presque partout je cèderai même à la tentation de jeter un œil sur GA sur mon Pocket PC, dès fois qu'en mon absence il se passe des choses...
Une fois n'est pas coutume, lors de ce déplacement je n'irai même pas m'acclimater dans LE bar gay de la ville (dans une rue qui s'appelle "sauna" !). J'irai boire la liqueur locale dans une taverne sans touristes où la jeunesse de Tallinn s'enivre et parle fort.
J'arrive après les récents affrontements violents entre la minorité russophone et la police locale. Rien ne transparait si ce n'est une rue entière de vitrines cassées réparées à la hâte. J'aurai la surprise d'entendre une dame me raconter que c'était "comme l'émeute à la Gare du Nord à Paris". Elle dira aussi sa peur face une action violente qu'elle dit organisée par les agents de l'ancien occupant. Ici, les documents officiels estiment que la seconde guerre mondiale ne s'est réellement terminée qu'en 1991-1992, avec le départ des troupes russes des états baltes et l'indépendance retrouvée. Une lecture de l'histoire qui en dit long...
Je rencontre mes homologues syndicaux de la confédération Estonienne. J'étais curieux de voir comment le mouvement syndical s'était reconstruit après la récente indépendance. En fait, contrairement à ce qui se retrouve dans d'autres pays de l'ancien bloc soviétique, les syndicats locaux ne semblent pas avoir eu de problème d'identité : ils existaient avant le rattachement à l'URSS et ont participé au mouvement de réaffirmation nationale. De fait, les problèmes qu'ils expriment ressemblent terriblement aux notres.
Et puisque même ici on me questionne sur Sarkozy, j'ai mis fin à mon exil et je suis revenu voir la France d'après...
13/05/2007VRAC X 5
I. Palace
Ainsi donc pour justifier de recevoir notre Sarkozy sur sa coque de noix, Vincent Bolloré invoque l'hospitalité familiale. Son aïeul Gwen-Aël Bolloré ayant reçu Léon Blum (lors d'une visite privée et non à son retour de captivité). La seule chose qui m'a intéressé dans cette anecdote est la graphie particulière du prénom qui en souligne la signification et qui accentue le côté miséricordieux que Bolloré veut se donner : gwen aël, l'ange blanc...
II. Vorace
Je lis sur GA qu'un pique-nique est organisé juste en bas de chez moi si le ciel est clément. Je me tâte. Comment transporter à l'extérieur un tablier de sapeur bien chaud, des oreilles de porcs confites, une salade de pis de génisse et des ris de chevreuil aux petits légumes tièdes ?
III. Face-à-face
Je n'ai pas l'esprit de famille. Aussi, est-il assez inhabituel de recevoir chez moi ma propre sœur. Ce n'est pas une volonté, nous nous aimons beaucoup mais simplement nos vies se croisent assez peu. Cette fois-ci elle me téléphone pour annoncer sa venue impromptue avec mes deux jeunes neveux. Planquer la collection de Têtu et acheter du Chocopop.
IV. Espace
Un petit goût d'exil. Je laisse ce blog en jachère quelques jours, j'enfile une petite laine le temps d'aller voir si j'y suis, tout au nord de l'Europe, dans un improbable pays. Je vous ramènerai une photo. Promis.
V. Dédicace
Puisque l'art du contrepet a eu quelques amateurs (mais nous n'en ferons pas une tradition car le salace ça lasse), en voici un dédié à Evariste : Ce danseur a toujours rêvé de Couperin...
12/05/2007VRAC X 5
I. Dépité
Avec l'annonce d'un cancer rare lié à la fellation, on ne sent plus en sécurité. Il va encore falloir renoncer et se couvrir de patches pour vaincre l'accoutumance et arrêter de sucer. Et évidemment, dès qu'on arrête la fellation on va se mettre à prendre du poids avec cette tendance naturelle à substituer le plaisir par les sucreries. Pour faciliter la transition, le Gouvernement va sans doute interdire la fellation dans les lieux publics et dans les entreprises on verra les employés prendre une pause et sortir sur le trottoir pour se sucer les uns les autres. Même dans les gares on ne pourra plus pomper, tout juste sera-t-il admis de faire une petite pipe sur le quai avant d'embarquer. Quelle époque !
II. Débouté
Ainsi donc on a voulu perquisitionner les locaux du Canard Enchaîné ce matin... Voilà qui va mettre de l'ambiance au cocktail annuel de l'hebdomadaire satirique qui aura lieu fin mai. Coincée entre les présidentielles et les législatives, cette aimable sauterie permettra sans doute de glaner l'humeur du temps. On en reparlera ici en temps utile...
III. Débuté
Les temps changent. Sur GA peu de fans auront disserté sur l'hommage rendu à Iolanda Christina Gigliotti. Quand j'ai débuté dans ma vie interlope, il était impossible de dire du mal de la star suprême (c'est ainsi que les américains l'avait surnommée). Je n'aimais pas la chanteuse (maintenant je peux le dire) mais la star mitterrandienne valait mieux que Orlando, son frère sarkozyste, sorte d'Alan Kardec de la chanson...
IV. Député
Conversation de cantine avec H*. Nous parlons (évidemment) de la situation politique. Il me demande si je suis membre du PS, je lui répond que non mais que je vais adhérer au Mouvement Démocrate... Il me regarde interrogatif pour savoir si c'est du lard ou du cochon. Je rajoute : ben oui, au moins là il y a des places à prendre ! (non, je ne vais pas adhérer à un parti politique : je suis trop engagé ailleurs).
V. Débotté
Ce qui est pénible avec les billets en 5 points c'est qu'il faut trouver cinq fois quelque chose à dire, ce qui est épuisant pour les synapses. Je ne ferai pas comme ce blogueur fainéant et son habituelle pirouette interrogative. En lieu et place, nous initierons le lecteur à l'art du contrepet avec cette phrase : l'archéologue a mis le produit de ses fouilles dans mes caisses.
10/05/2007BILLET REPUBLICAIN
Je lis quelquefois les billets hagiographiques de quelques royalistes de GA commémorant tel ou tel roi ou parentèle. Nous avons droit ainsi à de charmantes scènes du type "lorsque sa tête tomba sous le terrible couperet une odeur surnaturelle de roses et de lys se répandit sur la place". A chaque fois, les personnages sont intelligents, sensibles, clairvoyants, valeureux, généreux et rependant les bienfaits autour d'eux. On se croirait dans le Seigneur des Anneaux.
Est-ce un style obligé ? Ne peut-on chuchoter que dans les boudoirs que tel ou tel sang-bleu ait pu être lâche, pleutre, égoïste, inculte, belliciste ou que sais-je encore ? Visiblement on n'est critique sur les monarques que lorsqu'ils sont très très très anciens. Tiens, Chilpéric I er, au VIème siècle était con comme une valise sans poignée, grossier personnage, assassin et coureur de jupons (si tant est que l'on puisse appeler jupons les sortes de sacs à patates dont s'habillaient les domestiques Mérovingiens). Ah, sans la liberté de blâmer...
PS : Pour mettre du baume au cœur de nos royalistes en ces temps de République de nouveaux riches en sinécure maltaise, l'actualité récente a rappelé que la France reconnaît 3 rois sur ses territoires : le Lavelua de Wallis (qui vient de décéder), le Tuisigave et le Tuiagaifo à Futuna. L'exil vous sera doux en polynésie.
07/05/20076 MAI 2007
Nicolas Sarkozy est le président élu. Dont acte.
Au risque de décevoir ou d'étonner, je ne me suis pas mis, dès 20H, à me rouler par terre, pris de convulsions et crachant du sang. Je n'aime pas Nicolas Sarkozy ni ce qu'il représente, mais quoi ! ce n'est pas ma première élection présidentielle... C'est donc dans un parfait sang-froid que j'ai accueilli la nouvelle qui ne faisait pas surprise, tandis qu'appels téléphoniques et SMS véhiculaient le dépit ou la peine de mes proches.
J'ai apprécié la "défaite radieuse" de Ségolène. Peut-être d'ailleurs mon calme était-il sur cette même longueur d'onde : mon combat ne s'arrête pas à une péripétie électorale, il était avant, il sera après. J'écoute, attristé, la déclaration de DSK que je trouve singulièrement déplacée : non que sur le fond je sois opposé à une "social-démocratisation" du PS, mais il y a une forme d'indécence à se chercher un destin personnel dans l'avanie de son propre camp au moment même où l'on devrait faire montre de solidarité et de fraternité. Mais la chose politique est cruelle et les buveurs de lait scrupuleux (PMF) ne font pas carrière.
J'écoute un peu les diverses réactions à droite, j'observe amusé le visage béat du premier-ministrable Fillon : si ça continue il va faire sous lui. Borloo est presqu'autant atteint des zygomatiques. Par charité laïque, j'éviterai de commenter les propos de Bernard Tapie. Mon seul mouvement d'humeur sera de zapper pour échapper à l'omniprésence de cette abomination de la désolation qu'est Valérie Pécresse. Comme chacun, j'ai mes têtes... et celle-là fait partie de la catégorie des têtes à claques (elle ferait presque regretter la mise à l'écart de l'ineffable Nadine Morano, c'est dire !).
Puisque désormais nous sommes dans la France d'après (c'est à dire d'après la droite de Chirac et Villepin) et que l'UMP va redresser la France abaissée par le RPR, il nous reste à reconstruire l'alternative. Mais à quel prix ?
06/05/2007MESSAGE CRYPTE
Johan Sebastian Bach Attitude.
Soyez en phase musicalement avec l'élection présidentielle et écoutez :
Si Ségolène Royal gagne : Cantate BWV 82
Si Nicolas Sarkozy gagne : Cantate BWV 12
Comprenne qui pourra...
BUREAU
Voici le mien...
(ben oui quoi, c'est pas un mac c'est un PC...) 05/05/2007VRAC X 5
I. Augure
J'ai fini ma journée de vendredi en compagnie d'un dirigeant d'un institut de sondage. Je vous fais grâce de notre discussion. De toutes façons je ne crois qu'aux sciences exactes, pas aux martingales...
II. Biture
La soirée électorale de dimanche sera arrosée (avec modération cela va de soi). Boire pour fêter ou boire pour oublier c'est de toutes façons désaltérant...
III. Lecture
Je me replonge dans l'histoire du clan Guérini. Je me rappelle, il y a longtemps, lorsque "Madame Mère", Alice Guérini, était encore propriétaire d'une discothèque homosexuelle de Marseille, avoir assisté à une scène troublante. La vieille veuve du parrain marseillais était venu un soir s'asseoir au fond de la discothèque. Aussitôt on interrompit la disco et les projecteurs furent tournés vers la vieille dame annoncée au micro par le DJ. Elle eût droit à une standing ovation. Je m'étais demandé ce que les pédés pouvaient bien applaudir, la mafia a toujours eu un goût de chiottes en matière de déco...
IV. Demi-mesure
N* me demande de lui photocopier dans le Dictionnaire de l'Homophobie les articles sur la Grèce antique et sur Rome. Je trouve bien la Grèce mais il n'y a pas d'entrée pour Rome. Je lui envoie un mail : les romains n'étaient pas homophobes. Et puis un empereur qui donne son nom aux pissotières...
V. Culture
A propos de Grèce antique, je viens seulement de comprendre qu'une peur panique était une peur inspirée par le dieu Pan. Il y a comme ça des étymologies qui sont tellement évidentes qu'on ne les voie même pas. On en apprend tous les jours. Bon, je sais, vous n'en avez rien à secouer, mais moi j'en reste pantois.
04/05/2007AFFAIRE DE LOGIQUE
Sarkozy lors du débat avec Ségolène : "Ca sert à quoi les RTT quand on n'a pas les moyens de se payer des vacances ?".
Il aurait pu dire "Chère madame Royale, je considère que l'augmentation du pouvoir d'achat précède l'essence même de l'extension du temps d'inactivité car souffrez que je craigne que nous n'ayons le choix qu'entre fromage ou dessert, je sais fort bien, au demeurant, que les RTT offrent du temps libre où l'on n'est pas obligé de bourse délier, mais voyez-vous si l'on peut se payer un week-end à La Baule c'est quand même trop de la balle"...
Non, il a pensé "ça sert à quoi de donner des congés aux pauvres, sans fric ils vont rester à glander".
Cette forte pensée remonte loin et rendons hommage au père spirituel en la matière de Nicolas Sarkozy, le sieur Louis-Sébastien Mercier qui déclarait en 1781 dans son "Tableau de Paris" : " Il est singulier que dans les Etats catholiques le dimanche soit presque partout un jour de désordres. On a supprimé enfin à Paris quatorze jours de fêtes par an ; on s’est arrêté en beau chemin ; il en reste encore trop, autant d’enlevés du moins à l’ivrognerie et à la débauche crapuleuse."
03/05/2007A LA MANIERE DE...
Atermoiements d'un lent à jouir
Une parodie épistolaire du blog de Monsieur Karedig
Episode du jour (épisode 14543) :
Avec qui vais-je baiser dimanche ?
Mes chers dingues de lecteurs,
Même si je crois toujours que mon plan cul de dimanche prochain sera avec Jean, je trouve qu'il y a effectivement eu une vraie dynamique en faveur d'une baise avec Jacques. Une dynamique à mon avis insuffisante pour lui donner la victoire de mon cœur, ou, pour parler plus crûment, pour lui permettre de me sauter, mais une dynamique réelle quand même.
Déjà, dès mardi ou mercredi dernier, j'ai constaté autour de moi que de plus en plus de gens de toutes sexualités, qu'ils soient homosexuels, bisexuels, ou encore qu'ils soient indécis, n'étaient plus convaincus de sortir avec moi, alors que quelques jours auparavant, ils étaient certains à 250% de leur drague. Je ne prétends pas avoir parlé à des dizaines et des dizaines d'amants, mais bon, j'aurais aussi pu ne pas du tout constater un phénomène de ce type, et je ne m'attendais pas à en constater un.
Quid de ma sortie en boîte d'hier soir ? Je ne l'envisagerai pas, ici, sur le fond, mais sous l'angle de son possible impact sexuel. Si j'essaie de me mettre à la place d'un amant indécis, ou ayant besoin de quelques (r)assurances avant de se résoudre à baiser avec moi, je pense que la soirée d'hier a sans doute donné un léger avantage à Jacques, posé, calme, convaincant, pédagogique. Dans le même temps cependant, la soirée aura pu dissiper mes craintes à propos de Jean, de sa compétence, de sa connaissance du kama-Sutra, et je ne sais quoi d'autre de cochon. Je n'évoque pas les défauts des deux compétiteurs qui pourraient rebuter un indécis car je ne suis pas justement certain que l'un des deux ait commis sensiblement plus de bourdes, ou des bourdes sensiblement plus graves que son concurrent.
Si je suis assez, pour ne pas dire très, sceptique quant à un effet de l'un sur la rigidité de mon sexe tout à fait indécis, je pense en revanche qu'il a sans doute dû lever certaines réticences à l'endroit de mon fondement, n'ayant aucune envie de sodomie mais souhaitant tout de même que mon cul fasse ses preuves avant de lui accorder de plus amples gourmandises. Curieusement, ma soirée d'hier aura ainsi pu à la fois marquer une nouvelle étape de cette dynamique finissant son travail de durcissement et d'érection, et constituer un coup d'arrêt pour cette même dynamique. Quant au détail de ce que, moi, j'ai pensé de cette soirée et des prestations respectives des deux postulants, ce n'est pas aujourd'hui que je vais vous le dire.
Voilivoilou, mais bon, ce n'est jamais que ma vision de ce marivaudage.
Et mon choix dans tout cela ? Dans ma dernière missive, je vous écrivais ceci : s'il était une seule chose dont je fusse à peu près certain, ce serait d'ailleurs que je ne prendrai sans doute pas de décision définitive avant le 2 mai et, pour avoir une idée du rapport sexuel au moment de jouir, les derniers émois, vendredi et, dans la presse homosexuelle, samedi. Vous ne serez donc pas étonné que je vous annonce que mon choix définitif n'est toujours pas fait, même si la soirée d'hier a pu m'éclairer. So, let's keep in touch.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie d'accepter, mes chers dingues de lecteurs, mes excuses pour être aussi lent à me décider.
Monsieur Karedig.
LE DEBAT
Il est toujours difficile d'avoir une réaction à chaud concernant un débat politique par manque de recul partisan. Mais quelques mots quand même...
Je ne sais pas qui est "vainqueur" de ce débat, mais je me rappelle que l'on avait glosé sur la faiblesse de Ségolène, que Sarkozy n'en ferait qu'une bouchée etc. Ce ne fût pas le cas. Loin de là.
Je ne suis pas sûr que ce débat jouera beaucoup dans le résultat final : les sarkozystes applaudirons Sarkozy, les ségolènistes seront rassurés sur leur candidate et les centristes... que penseront les centristes ?
Le débat a mis du temps à prendre sa vraie tournure. Ségolène était tendue au début puis a su trouver son rythme. Sarkozy plutôt sur la défensive quant au mode de débat. Avec un tic désagréable : celui de parler en s'adressant à PPDA plutôt qu'à Ségolène. Le fait de donner sans arrêt du "madame" agace tout autant.
Des erreurs tactiques de part et d'autre, des réponses mordantes aussi, mais deux modes de débat différents et peu compatibles, ce qui nuit à l'intérêt de suivre deux discours parallèles.
La passe d'arme à propos de l'accès scolaire des handicapés était intéressant : il y a effectivement un monde qui sépare la "révolte" de Ségolène et l'accusation de Sarkozy disant qu'elle "perd ses nerfs"... Surtout connaissant la placidité légendaire de Sarko ! Passons sur l'aspect vaguement misogyne de la réplique. Ségolène a eu raison d'affirmer qu'il y a des "colères saines", des capacités de révolte face à l'injustice et que l'on peut dénoncer l'immoralité politique de ceux qui font le contraire de ce qu'ils disent.
Selon les sujets, l'avantage passe de l'un à l'autre sans que jamais il n'y ait un écart marquant qui ferait basculer le débat. Au total, je reste sur mon choix de départ, le côté de l'empathie et de la révolte devant les injustices.
02/05/2007PLUS JUSTE...
Indemnités de départ pour incompétence de Noël Forgeard :
8 500 000 € (environ)
Prime d'intéressement pour compétence d'un salarié EADS :
2,88 € (en moyenne)
C'était notre rubrique "travailler mal pour gagner plus".
MON 1ER MAI
Je suis parfois infidèle aux défilés du 1er mai : comme toutes les manifs annuelles, elles finissent par se caricaturer elles-mêmes. Les gay pride n'échappent pas d'ailleurs à cette usure, mais c'est une autre histoire... Cette fois-ci, entre les deux tours de la présidentielle, le 1er mai revêtait une importance particulière. Alors, pour humer l'air du temps, saluer quelques connaissances et prendre le pouls de la rue, j'ai décider d'y faire un tour. Et puisque j'étais à Marseille ce jour-là, c'est au défilé phocéen que je me suis joint.
Je trouve Jean-Marie B* en chemin qui me fait l'inventaire de ses propres déboires (nombreux) pendant que nous montons vers la Porte d'Aix. Je salue Jérémy C*, toujours aussi chien fou, qui s'égosille au micro de la sono LCR. Je mets le grappin sur Pierre F* que je n'avais pas revu depuis des lustres et nous échangeons nos impressions sur les élections. L'ambiance du défilé passe du bon enfant au sérieux et de manière directe ou indirecte, Sarko est la cible de tous. Sur les balcons, les gens saluent, affichent parfois leurs opinions (photo). Je n'irai pas jusqu'à Castellane, je remonte le défilé en sens inverse pour voir les différents cortèges. Les inévitables kurdes, le cortège de LO triste comme un jour sans pain, l'Union Juive Française pour la Paix que je ne connaissais pas, mais aucune organisation LGBT (ou alors elle était bien cachée). Je rentre avec un sentiment mitigé. Le défilé n'était pas joyeux, mais dans l'attente d'un cataclysme annoncé. Tel était le microclimat au bord de la Méditerranée.
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| Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, Article 19 : Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Diskleriadur Hollvedel Gwirioù Mab-Den, Mellad 19 : Pep hini en deus gwir d'ar frankiz d'ober e veno ha d'en disklêriañ, da lavarout eo gwir da chom hep bezañ trubuilhet en abeg d'e vennozhioù, gwir da glask, da resev ha da skignañ keleier ha mennozhioù, dre n'eus forzh pe zoare disklêriañ, hep teurel pled ouzh an harzoù.  |