Une trace, un message embouteillé, une humeur impudique, un clin d'oeil lancé à la cantonade : ce journal n'a pas d'autre ambition que de lancer quelques cailloux sur la surface de la blogosphère. Parfois, sans l'avoir vraiment espéré, un ricochet...
N'oublie pas, lecteur, nous nous ressemblons.
* * * * * * * * * *
Humeur du moment :
J'écoute : Rameau ou Charpentier ? Je regarde : le frigo vide Je lis : le courrier d'un mois d'absence Je joue : à ne rien faire Je mange : des alouettes sans tête Je bois : une mauresque, ça rappelle les vacances Je cite : "je consens vu que je suis bonne à laisser admirer ma charmante personne" Je pense : que les vacances m'ont fait grand bien Je rêve : des prochaines vacances (mis à jour samedi 16 août 2008 à 00:12)
Reçu cette publicité touristique dans ma boîte à mél. Cela me fait penser que l'année 2008 sera aussi l'occasion de commémorer les 40 ans de mai 68... Certains s'activent déjà dans la coulisse pour préparer divers articles, émissions TV, animations de rue etc. A l'occasion, les marchands du temple vont ressortir un peu de marketing folklorique. Je crains déjà le pire, sur GA comme ailleurs.
Mais il est encore trop tôt pour en parler.
Laissons d'abord les chats du JDI céder la place pour un temps aux dindes de Noël.
PS : Quant au Mont Saint Michel, c'est devenu pire que le métro un jour de grève. Si vous y allez un jour de tempête par grand froid et hors saison, vous aurez peut-être la chance de pouvoir accéder à la minuscule et secrète Chapelle Notre-Dame Sous Terre qui, comme son nom l'indique, se trouve sous l'Abbaye...
I. Petits budgets
Si vous ne voulez rien acheter pour Noël, faites des économies en allant sur TETUSHOP, le site qui ne vend (plus) rien...
II. Fuite des cerveaux
Comme tout le monde le sait, Jean-Marie Cavada ayant "épuisé ses réserves de loyauté" a quitté Bayrou pour devenir tête de liste UMP dans le XIIème lors des municipales parisiennes tout en souhaitant rejoindre la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel. La pauvre Panaf' va donc mener sa campagne avec des courants d'air. Ca n'est pas une surprise et ça promet d'être drôle.
III. Kallisté Nicolas Sarkozy lors de son périple chinois a déclaré qu'il n'y avait qu'une seule Chine et que Taïwan "fait partie du territoire chinois". Le camarade Hu Jintao qui prévoit une visite officielle en France l'an prochain ira-t-il en Corse rendre à Sarko la monnaie de son Yuan ?
IV. People
Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvaise augure et même en restant sourd aux rumeurs d'alcôve, il me semble bien que ce site web (non officiel) n'est pas à jour et que son avenir sur la toile n'est plus très assuré... D'autres ont compris comment louvoyer entre rumeur et atteinte à la vie privée : faire un sondage web tout à fait innocent.
Lundi matin vers 10H le site Web du Ministère de la Culture est tombé en rade avec une page blanche. Gros bug informatique ? Attaque de pirates informatiques mécontents du Rapport Olivennes ? Personne ne semble savoir...
Cette nuit, l'accès au site était carrément interdit...
Avant que je ne me mette à lire le rapport Olivennes sur le piratage numérique, permettez que j'offre cette petite chansonnette à tous les couples de GA pour les aider dans la dure épreuve conjugale...
France 3 nous offre bientôt (*) un documentaire sur les années Discorama et Denise Glaser.
Evidemment, seuls les vieux barbons (**) ont un reste de souvenir de la merveilleuse Denise qui officia sur le petit écran de 1955 à 1975. Alors quelques mots pour éclairer nos jeunes lecteurs...
Discorama fait figure aujourd'hui d'OVNI audiovisuel, la France des Shadoks et de Discorama ayant trépassé depuis longtemps. Dans un studio minimaliste aux murs blancs où micros et projecteurs apparents faisaient souvent office de décor, Denise Glaser s'entretenait en face-à-face avec de jeunes talents : Barbara déjà célèbre, Véronique Sanson intimidée et vaguement neuneu, Catherine Lara avec une coiffure noir-geai (voir ici l'extrait sur Youtube) et tant d'autres en culottes courtes...
Face à eux, Denise Glaser, petite fée de porcelaine habillée très années 60, dans des poses très pédées (***). Arborant parfois à sa main menue une bague en forme d'énorme bouchon de carafe, se tripotant les cheveux pendant ses longs silences, ses yeux cherchant l'inspiration à droite et à gauche. Au-delà de ses sourires chaleureux, de la simplicité de son dialogue teinté d'empathie, il y avait cette lenteur du temps, inconnue aujourd'hui à la télévision.
Les images d'archives sont aujourd'hui assez dégradées, profitons de ce qui a été sauvé du naufrage du temps pour revoir cette grande petite dame.
Comme toutes les belles histoires qui finissent mal, Denise Glaser a terminé sa vie tristement, démunie, oubliée et abandonnée.
(*) Samedi 1er décembre sur France 3 à 23H00, "personnel et confidentiel".
(**) Pour Catherine : et les vieilles dames cacochymes...
(***) Ce nouvel adjectif est compréhensible, non ? Qu'Alain Rey me pardonne cette offense linguistique.
Bernard Kouchner avait voulu faire le malin lors de son passage en Allemagne en chantant pour promouvoir l'intégration et l'acceptation des différences. Casque sur les oreilles, il a donc ânonné en allemand sous la direction du chanteur turc de R'n'B Muhabbett (photo).
Sauf que...
Sauf que Muhabbett est considéré par beaucoup comme un chanteur islamiste homophobe. Sur la ville de Cologne il chante qu'elle est remplie de pédés, de tarlouzes etc. ("Fotzen, Schlampen und Schwuchteln")... A propos de l'assassinat aux Pays-Bas de Théo Van Gogh, il aurait (*) déclaré qu'il avait de la chance d'être mort vite, que lui l'aurait enfermé dans une cave et torturé...
La prochaine fois, Bernard, renseignes-toi avant de faire le rigolo.
Lorsque la grève de la SNCF et de la RATP battait son plein, de nombreux blogs commentaient le mouvement pour s'en féliciter ou s'en plaindre. Depuis que la reprise est amorcée, la blogosphère se calme. Comme si l'on pouvait négocier ensuite n'importe quoi du moment que cela ne fasse pas de vagues. Ceux qui étaient prêts à relayer n'importe quel hoax pendant les turbulences sont devenus bien calmes depuis que la marche à pied leur est épargnée...
Ailleurs, l'amertume s'empare des blogs. Trois catégories, grosso modo, s'expriment...
Ceux que l'on va appeler les "réformistes" par commodité de langage, principalement la CFDT, se souviennent d'avoir dit que le rapport de forces et l'état de l'opinion publique ne permettaient d'imaginer ni une grève d'un mois ni une grève générale ; et que dès lors que les négociations tripartites étaient acceptées il fallait arrêter la grève à son apex pour éviter d'avoir à venir à la table des négociations en plein reflux. Une semaine après, n'est-ce pas ce qui s'est passé ?
A l'opposé les "radicaux", principalement SUD, ont évidemment la reprise amère et ont tendance à invoquer une vision "mécaniste" de l'histoire, il en va de la politique comme du sport : on gagne grâce à soi-même, on perd de la faute des autres. Mais beaucoup de commentateurs en font les "cocufiés vainqueurs". Si sur le fond (37,5 annuités pour tous) le combat semble perdu, c'est la stratégie de radicalité qui pourrait renforcer les rangs ultérieurement. Comme si la désespérance était bonne conseillère. Sans doute plus en faveur de Besancenot que de SUD lui-même. C'est une hypothèse, il est pourtant hasardeux de chercher à lire l'avenir aussi promptement.
Au milieu du conflit, la CGT avec en arrière-plan l'affrontement de deux lignes. Nous avions dit qu'entre Thibaut et Le Reste il y aurait un perdant. Cela a donc été Le Reste. Le renforcement du duo Thibaut-Le Duigou au sein de la confédération ne s'est pas fait et ne se fera pas sans quelques tangages internes. Pour autant, à qui veut bien voir, la CGT joue le coup d'après. La vague de réformes inscrites à l'agenda 2008, en particulier la refonte de la représentativité syndicale et la clause de "revoyure" sur le régime général des retraites, vont nécessiter un changement de braquet et c'est principalement à l'égard des salariés du privé qu'il va désormais falloir s'adresser...
2007 n'est pas 2003 : il suffit de lire ça et là les blogs pour se rendre compte que ce qui liait hier est devenu césure. L'invocation de substitution ("en défendant mes intérêts, je défend aussi les vôtres") a été le sésame de 2003, elle est l'aveu d'impuissance de 2007. A chacun d'en tirer ses conclusions...
En raison d'un mouvement social ce post en 5 points n'en fait que 2,5. Une reprise progressive de l'activité blogologique est prévue dans les jours qui viennent.
I. La croix et la bannière
Tout le monde se gausse de voir Sarkozy décorer François Fillon de la Grand Croix de l'Ordre National du Mérite. C'est méchant de se moquer des joies simples des grands de ce monde. Le plus méchant, involontairement, c'est David Martinon (porteur de la parole présidentielle) qui a justifié la chose en disant que pour un premier ministre en exercice depuis 6 mois c'était automatique. Automatique ? Comme si ce n'était pas l'intelligence exceptionnelle, les services rendus à la Nation et tout le toutim qui avaient justifié cette distinction ! ( Surtout avant de partir n'oubliez pas de visiter notre boutique...)
II. Ah ah ah !
Alors que l'actualité sociale est un peu lourde et pour détendre l'atmosphère, Laurence Parisot a déclaré « Je me demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail ». La cheffe du MEDEF a toujours le mot pour rire.
II,5. Epidémie
Notre chère Roselyne Bachelot vient de faire un voyage en Martinique et Guadeloupe pour surveiller les moyens mis en œuvre contre l'épidémie de dengue. Elle aurait pu rester à Paris : on y signale ici une épidémie de dingue dengue dans le XVIIème arrondissement.
En dehors d'un problème légal de droits, les Editions Casterman ont estimé que les dérives érotico-salaces nuisaient à l'image du personnage de BD pour enfants créé par Gilbert Delahaye et Marcel Marlier.
Très exactement 946 008 couvertures parodiques ont été créées via le site ludique, heureusement toutes n'ont pas atterri sur le JDI (ouf !).
Ce blog soutient le combat pour la libération d'Ingrid Betancourt.
Pour illustrer ce post j'aurais bien mis la photo de la jeune Mélanie Betancourt mais hélas je n'avais sous la main que la photo de son frère Lorenzo, c'est ballot !
PS : le ton primesautier de ce post ne saurait faire oublier l'intolérable de la situation d'Ingrid Betancourt.
En ce dimanche glacé je ne voulais pas reparler une Nième fois des grèves. Je voulais mettre une photo de chaton, vous annoncer qu'il a neigé à Dinard ou vous parler du douloureux problème de l'allègement en sel des soupes en brique. Et puis...
Et puis une information me titille...
Voilà : alors que les syndicats CGT, CFDT, FO et FSU ont arrêté la grève à l'Opéra de Paris, le syndicat SUD faisant cavalier seul, maintient son préavis et provoque l'annulation de la représentation de ce dimanche à l'Opéra Bastille :
La représentation de Casse-Noisette annulée : ils veulent les briser menu ?
I. Les opinions, les mots et les principes
Je comprends que l'on puisse juger les revendications des grévistes injustifiées ou que l'on puisse s'énerver sur les problèmes de transport public en cas de grève. Mais dans un Etat de Droit où le droit de grève est constitutionnel, le choix des mots pour exprimer son désaccord ou sa colère ne sont pas neutres. Je ne parle même pas des expressions déplacées ("fascistes") ou tarte-à-la-crème ("otages") mais des commentaires exaspérés laissés ici ou ailleurs dont la lecture induit une remise en cause du droit de grève. Comme cette manifestation prévue dimanche où l'on va conspuer "la dictature des syndicats". Il ne faut pas seulement respecter le droit de grève, il faut aussi respecter le sens des mots.
II. Le difficile exercice de la démocratie
La bêtise est généralement bien répartie de chaque côté des barricades. Le mouvement étudiant en cours en offre parfois des exemples. A force de vouloir justifier la légitimité des Assemblées Générales contre la volonté exprimée par des votes, on assiste à des exercices de rhétorique hasardeux où l'on prétend que le suffrage n'est valide qu'à certaines conditions (avoir assisté aux AG, avoir lu les tracts etc.). Terrifiante ânerie. Je respecte les actions minoritaires qui s'assument, pas lorsqu'elles prétendent se substituer à la multitude. Les heurts entre journalistes et étudiants sont significatifs d'un mouvement qui n'est pas convaincu de sa propre légitimité.
III. Le bêtisier des grèves
Sur son blog, Jean-Michel Apathie s'étonne de la carence des journalistes à analyser les organisations syndicales. Ce n'est pas nouveau. Pour lire des analyses qui sortent du folklore il faut se tourner vers des sites spécialisés (comme ici). On lit parfois sous de sérieuses plumes des propos qui témoignent de la méconnaissance de leur sujet. Ainsi certains ne comprennent pas que le niveau de perturbation à la SNCF reste élevé alors que le taux de grévistes baisse chaque jour, sans voir que c'est le taux global qui baisse plutôt que celui des roulants. D'autres annoncent comme un scoop que certaines organisations syndicales possèdent une caisse de grève. Alors que celles-ci sont consubstantielles à l'action syndicale. Les caisses ouvrières de secours mutuel (maladie, chômage) ont d'ailleurs été légalisées en 1864 avant les syndicats eux-mêmes (1884).
IV. Un pas en avant, un pas en arrière
La stratégie des organisations syndicales est relativement connue. Pas de surprise concernant SUD (37 ans et demi pour tout le monde) ou la CFDT (son dernier congrès confédéral avait anticipé la question et accepté les 40 annuités), il y a un peu plus de suspens à la CGT où l'opposition feutrée entre la confédération et la fédération des cheminots fera un vaincu entre Thibaut et Le Reste (son hagiographe a posté ici). En revanche, la stratégie gouvernementale semble changer chaque jour. Aux dernières nouvelles, le sommet de l'Etat joue le pourrissement et montre ses muscles au public ébaubi tandis que derrière la coulisse Raymond Soubie, conseiller pour les affaires sociales du Président, joue les entremetteurs patelins sans que l'on sache vraiment s'il vient donner aux syndicats la bénédiction du ministère du Travail ou l'Extrême Onction...
V. Inquiétude
La journée de grève de la Fonction Publique du mardi 20 novembre va sans doute faire l'objet d'une "convergence" avec la grève des régimes spéciaux et avec la lutte des étudiants. L'UNEF a d'ailleurs été acceptée et prévue dans le cortège intersyndical parisien. Cette convergence réjouira sans doute certains militants. Pas moi. Cela rend inaudible les revendications spécifiques à cette journée. De surcroît, le choix du parcours du défilé parisien abouti aux Invalides, lieu connu pour les débordements violents qui s'y sont produits les dernières fois (la largeur de la place permet difficilement d'assurer un service d'ordre). Je ne sais pas d'où viennent ces choix mais je crains de savoir ce qu'ils recèlent.
« Il n'est pas rare qu'un travail trop prolongé ou trop pénible, et un salaire jugé trop faible, donnent lieu à ces chômages voulus et concertés qu'on appelle des grèves. A cette maladie si commune et en même temps si dangereuse, il appartient au pouvoir public de porter un remède. »
Il n'est pas indiqué s'il est possible de se palucher à plusieurs... En tous cas cette alternative pousse à arrêter le mouvement. Ou alors le plan com' était à revoir...
PS : l'accent mis sur le "où" est sans doute un appel pour le renforcement des crédits en faveur des cours de français... Ce qui surprend de la part d'un groupuscule bretonnant...
L'annonce du rendez-vous entre le Gouvernement et la CGT à la veille de la grève a pu surprendre. Surtout que ce rendez-vous ouvre le bal de rencontres au pas de course avec (presque) tous les autres syndicats.
La chaîne TF1 commente "la CGT fait une petite ouverture". Elle se trompe, l'ouverture n'est pas mineure. Après avoir demandé une négociation tripartite globale, la CGT accepte des tripartites régime par régime. La nuance est importante : avec une négociation tripartite globale sur les régimes spéciaux, la centrale marquait nettement la prééminence du cadre général de la loi et sa volonté de le modifier, son principal interlocuteur était alors le Gouvernement. En acceptant une négociation tripartite régime par régime, elle entre dans le cadre de la loi pour traiter la question des compensations... Cela, évidemment, ne préjuge en rien la possibilité d'aboutir à un accord rapide, mais à la veille du conflit cela témoigne singulièrement de la volonté de contourner la stratégie du bras de fer initiée par Sarkozy. Stratégie qui, comme je l'ai déjà exprimé, inquiète la plupart des confédérations syndicales depuis le début. Stratégie qui a attisé la radicalité de la base cheminote. UNSA (reçue dans la soirée), CFDT et CFTC attendaient cette ouverture, le positionnement de FO est plus incertain.
Du côté du Gouvernement le pas n'est pas si couteux : il montre sa volonté de dialogue et il est plus que plausible que seul le symbole l'intéresse (âge légal du départ en retraite et nombre d'annuités nécessaires) mais qu'il peut lâcher du lest sur des contreparties qui réintroduisent... des régimes spéciaux (décotes, niveau des pensions, pénibilité, intégration des primes dans le calcul etc).
C'est cette valse à deux temps, symbole/contreparties, qui va se dérouler pendant la journée du 14. Ce qui aurait dû se passer dans la durée va devoir se passer sous pression en temps limité. La faute à qui ?
Le 13ème festival de films gays & lesbien de Paris commence ce mardi au Rex (voir le programme). J'irai jeter un œil à la soirée inaugurale, histoire d'humer l'air du temps...
Couper son téléphone portable pendant douze heures et s'étonner d'être si tranquille. L'affichage du réveil est aussi coupé, ce qui permet de rester couché sans avoir aucune honte de dépasser des bornes dont on a plus conscience.
En réactivant mon téléphone, j'apprend que JP* est venu à Paris pour le week-end et qu'il a prévu de dormir chez moi ce soir (va falloir faire la vaisselle qui traîne et passer l'aspirateur). Lui donner rendez-vous pour fêter sa venue et boire un verre à la gloire du chanoine Kir (photo).
Le jeune S* s'agace de ne pas avoir de mes nouvelles. Alors qu'à la fin du mois il déménage vers d'autres cieux plus cléments, je devrais profiter de ses derniers jours parisiens. Il voudrait que je lui répète qu'il est jeune, beau et intelligent. Comme je ne le fais pas assez à son goût, il est allé voir sa mère qui y arrive bien mieux que moi (mais elle ça fait 24 ans qu'elle s'entraîne). Lui proposer une séance de congratulations réciproques et en profiter pour boire un verre à la gloire du chanoine Kir (photo).
Amusé d'avoir reçu une carte postale de H* et K* qui ont trouvé mon adresse sur l'annuaire alors même que le numéro de téléphone qui y figure n'est raccordé à aucun poste téléphonique. J'avais même oublié que payant cette ligne inutile je figurais dans un annuaire... Pour les remercier de leur attention épistolaire, songer à leur offrir un verre à la gloire du chanoine Kir (photo).
Comme G* est seul (son mec est encore parti à San Francisco, le sagouin) j'ai promis de lui rendre visite pour récupérer les DVD que je lui ai prêté pendant son célibat, en contrepartie il va bien m'offrir un verre à la gloire du chanoine Kir (photo)...
Bon je vous laisse, ça va être l'heure de l'apéro...
La stratégie gouvernementale face aux mouvements sociaux (m')étonne quelque peu.
Nous sommes dans un jeu de communication et de faux-semblants dont il est parfois difficile de trancher entre amateurisme et cynisme calculé.
Le gouvernement affiche sa volonté de faire adopter rapidement un certain nombre de mesures issues des promesses de campagne de Sarkozy. Logique... Pour autant nous ne sommes pas dans une "rupture" thatchérienne, les mesures adoptées, nonobstant le plan de communication gouvernementale, sont en-deçà des intentions affichées (voir par exemple, les mesures sur le service minimum dans les transports qui, on le verra, ne changeront pas la face du monde).
En vis-à-vis, les organisations syndicales ont d'abord adopté un positionnement symétrique. Le premier "tour de chauffe" sur les régimes spéciaux n'était destiné qu'à positionner le curseur dans les négociations futures de mise en œuvre. A ce titre la position d'origine de la CGT-Cheminots pour une grève carrée de 24H était significative d'une volonté de limiter le mouvement. Les concessions accordées aux machinistes SNCF et la sortie immédiate de la FGAAC du mouvement laissaient entrevoir une volonté de sortie de crise rapide par le gouvernement...
Pourtant il n'en a rien été, et c'est là que la (ma) perplexité commence.
Alors qu'une série de mécontentements divers s'expriment (personnel pénitentiaire, marins-pêcheurs, magistrats, fonction publique, EDF-GDF, Universités etc.) on assiste à une stratégie de pompier volant. Tandis que le Premier Ministre est assigné à résidence, l'hyper-président va (ou ne va pas) éteindre les incendies, avec des engagements oraux pouvant être "corrigés" par ses services dès le lendemain ou avec des promesses dont on sait par avance qu'elles seront en ligne de mire de Bruxelles (marins-pêcheurs). En dehors de l'inefficacité de cet empilement désordonné, le risque évident d'une telle stratégie du cas par cas est de rallonger sans cesse le calendrier et le cahier de doléances.
Dans le même temps la stratégie "globale" du gouvernement reste difficilement lisible. On laisse courir et on donne peu de signes favorables (ainsi le préavis de grève à la RATP a traîné jusqu'au dernier moment, sans que rien ne vienne chercher à le dissuader). Dès lors on risque fort d'assister à la "jonction", c'est à dire à la fusion des mouvements programmés dans les jours qui viennent, alors même que ceux-ci n'ont pas le même objet. On comprend ainsi la phrase de François Chérèque : "on a le sentiment que le gouvernement nous demande faire grève".
Cette perspective de "jonction" réveille l'extrême-gauche avec son rêve de grève générale. L'agitation universitaire en témoigne alors que l'UNEF, la FAGE et la Cé avaient négocié la "loi Pécresse", le débordement amène l'UNEF à un difficile exercice schizophrène.
De deux choses l'une. Soit l'hyper-président gère effectivement la grogne sociale au doigt mouillé et c'est inquiétant. Soit il tente une stratégie de retournement : l'opinion désapprouvera les mouvements et les mesures qui seront prises, même a minima, apparaîtront comme courageuses et obtenues de haute lutte.
Il est toujours dangereux de parier sur la longueur de la mèche sans se préoccuper de la poudre...
PS : Le Parti Socialiste est absent de ce débat. D'ailleurs le Parti Socialiste est absent tout court.
Après sa bien belle sortie sur les français qui doivent faire plus de vélo quand l'essence augmente, Christine Lagarde a missionné Alain Tapie (pas Bernard Tapie, c'eût été trop drôle), l'ancien directeur général de l'UNEDIC, pour expliquer les nouvelles mesures sur les heures supplémentaires aux patrons. Vu que la mesure ne fait pas les étincelles promises, il fallait bien un éducateur de patrons.
Michel Barnier a confié à Frédéric Nihous, notre chasseur naturel et traditionnel, la mission promise sur "la diversification et la valorisation des activités agricoles au travers des services participant au développement rural" dont les citoyens attendent les travaux avec une sobre impatience.
Pour ne pas être en reste, Michèle Alliot-Marie a installé sa commission sur la vidéosurveillance avec à sa tête Alain Bauer.
Enfin, il y a aussi Alain Marleix (comme personne ne sait qui c'est, la réponse est là...) qui, ne sachant comment s'occuper, a inventé une commission sur les commémorations. Fallait y penser...
Et dire que personne n'a songé à confier une mission à François Fillon!
Puisque c'est aujourd'hui le 90ème anniversaire de la Révolution d'Octobre (nuit du 24 au 25 octobre 1917 qui correspond à la nuit du 6 au 7 novembre de notre calendrier) et qu'il m'est difficile de faire semblant de rien...
Disons-le : nous l'avons aimé cette épopée. Cette histoire si contemporaine où un ordre qui paraissait immuable vacille et sombre, où les idées si ténues d'une utopie prennent vie, nous aurions voulu les vivre. Nous nous sentions immunisés des imperfections de l'Histoire : la doxa trotskyste permettait d'extraire les premières années de l'URSS de l'abomination stalinienne. Ce qui n'empêchait nullement certains de professer malgré tout le curieux concept de "défense inconditionnelle de l'URSS"...
Bien sûr nous étions quelque peu hémiplégiques ; de Trotsky nous mettions en avant le lumineux ouvrage "La révolution trahie" (1936) en oubliant bien vite le terrifiant "Terrorisme et communisme" (1920) qui, plus que "Leur morale et la nôtre" (1938) justifiait par avance toutes les horreurs puisque la fin glorieuse du communisme y justifiait tous les moyens pour y parvenir.
Nous aurions bien voulu conserver un panthéon intact mais voilà que les rejetons étaient difformes. Par quelle contagion étrange tous les épigones de Staline étaient devenus si semblables au petit père des peuples ? Quelle malédiction de l'Histoire fallait-il invoquer pour comprendre Enver Hodja, Ceaucescu, Kim Il Sung, Pol Pot et tous les autres. Vraiment tous. Alors lire et relire encore l'histoire de cette révolution pour y trouver les signes que nous n'avions pas voulu voir. Nous voulions conserver l'enthousiasme d'un John Reed et nous ne pouvions plus. Tout au plus pouvions-nous conserver la nostalgie dépucelée de nos rêves anciens.
Car c'est bien à rebours de "Leur morale et la nôtre" que nous comprenions définitivement qu'en transigeant sur le moindre début de commencement de principe nous étions, même si peu que ce soit, du côté des oppresseurs et non des opprimés et que toutes les protestations d'innocence ne valaient pas brevet.
Il n'y eu ni repentir ni rupture mais comme dans les vieux couples, un éloignement, pas toujours amical. Car en matière de révolution il n'y a pas de demi-mesure, il n'y a que des adeptes et des traîtres.
Faire alors l'apprentissage du doute et y trouver plaisir...
Injustice criante : il n'y avait pas de groupe sur GA consacré à Tati ! Pas le magasin cheap, le cinéaste singulier, celui dont les films, sans équivalent, ont si peu d'histoire et si peu de dialogues... Voilà qui est réparé avec le groupe des fans de Jacques Tati.
Et pour étrenner ce groupe, je vous offre une petite vidéo d'une scène culte (enfin, je la trouve culte) de la fontaine-poisson et du chemin en "S" de la villa Arpel dans Mon Oncle (film de 1958, année de mes premiers babillements...).
I. Humour gras
En illustration de ce post dominical, le gel à cheveux FION à la vitamine B5. Comment rester bien coiffé même si vous avez la tête dans le cul...
II. Salon
Bref passage au salon international gay et lesbien au Carrousel du Louvre pour y aller chercher C* en service commandé. Heureusement que je n'ai pas payé les 12 euros d'entrée pour une telle merde. Difficile à décrire : il n'y avait rien. En dehors de ceux qui projetaient d'aller passer un week-end en Islande ou d'acheter une résidence, les autres promenaient leur ennui. Même la poignée d'associations servant d'alibi à la chose faisaient pâle figure.
III. Le seigneur des anneaux
Enfin, je ne suis pas totalement passé pour rien à ce salon. J'ai pu découvrir ce bijou fait rien que pour nous les hommes. La lecture du prospectus en vantant les mérites fût un rare moment de cette joie simple que provoque la contemplation du génie humain.
IV. Cher Bernard, cher Henri, cher Levy (*)
A voir BHL sur les plateaux de télé et dernièrement chez Moati puis chez Ruquier, je repense à cette phrase de Guy Hocquenghem « Si un jour, ce que je ne te souhaite pas, le public qui te donne le sentiment d'exister te quittait, tu lui redirais sans doute cette incroyable formule par laquelle tu mis fin à ton expérience de journal quotidien, au bout de quinze jours : "Les lecteurs ont unilatéralement rompu le contrat de confiance qui nous liait." Tu considères l'admiration du public à ton égard comme un devoir du public, et tu ressentirais son manque comme une trahison. » (*).
V. La guerre des blogs
Non je ne veux pas parler du JDI et de ses derniers développements... C'est pour éclairer Monsieur NapiNapo sur la guerre des blogs : le vieux repu a répondu au jeune affamé qui l'avait taclé à propos des pressions de Rachida Dati.
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(*) Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, Guy Hocquenghem, Albin Michel 1986.
Trois hommes dont l'homosexualité avait été révélée sur Wikipedia (voir dépêche AFP) ont été déboutés de leur action judiciaire pour diffamation et atteinte à la vie privée. Le Tribunal a considéré que Wikipédia était un hébergeur et non un éditeur de contenu. Cette façon de voir les choses a provoqué des réactions variées. Une certaine satisfaction chez les hébergeurs et à l'inverse un certain agacement du côté de la presse écrite. Le Monde a ainsi consacré son édito du jour au problème soulevé par ce jugement.
Oublions l'aspect "outing" de cette affaire puisque aussi bien il eût pu s'agir de n'importe quelle information indiscrète ou erronée publiée sur Wikipedia.
Ce jugement de première instance ne fait pas jurisprudence, mais il montre une certaine forme de compréhension de l'objet "web" par la justice actuelle. Après différents procès il est apparu nécessaire de distinguer le tuyau, le contenant et le contenu. La responsabilité du fournisseur d'accès (FAI), de l'hébergeur et de l'éditeur ont été dissociées et les raisons semblent, de prime abord, frappées au coin du bon sens.
Ces distinctions n'existent pas dans la chaîne de l'écrit où imprimeur, éditeur et rédacteur sont liés. Les obligations y sont fortes (mention obligatoire de l'imprimeur, du directeur de publication et dépôt légal). On comprend dès lors le désarroi de la rédaction du Monde face à l'éparpillement et à la dilution des responsabilités qui plonge le virtuel dans une certaine impunité de fait.
Imaginerait-on que l'Encyclopédie Universalis - par exemple - soit innocentée d'une notice diffamatoire qu'elle aurait publié, et que, l'encyclopédie ne possédant pas l'identité de ses rédacteurs, les plaignants doivent la rechercher par eux-mêmes pour faire valoir leurs droits ?
C'est bien ce qui arrive avec l'affaire Wikipédia puisque les plaignants doivent se retourner contre les rédacteurs identifiés par leur adresse IP et que seul le FAI concerné, troisième larron, pourra expliciter...
Lors de précédentes affaires les acteurs du monde Internet, FAI et hébergeurs, avaient levé les bras au ciel pour qu'on ne leur imputât pas la responsabilité de toutes les horreurs qui circulent sur la toile. Avec l'affaire Wikipédia ils ont été entendus. Peut-être plus que de raison car c'est aujourd'hui le citoyen qui devient impuissant à soulever les montagnes...
PS : Ce qui surprend en outre, c'est que in fine le Tribunal ait considéré une "encyclopédie collaborative" comme n'importe quel forum sans modérateur.
PS2 : Ceci ne m'empêche pas d'apprécier Wikipédia, malgré ses défauts...
Pas d'un sauna, du sauna. L'unique sauna gay des années Giscard (quand partout ailleurs la Brigade des Mœurs sévissait). Dans son roman déjanté "Le bal des folles" (Christian Bourgois éditeur, 1977), Copi fait exploser ce sauna mythique en montant la température de la vapeur. Et il s'amuse avec le lecteur :
Je fume une cigarette de hasch dans les toilettes, je rentre dans la vapeur, les corps glissent les uns contre les autres dans la pénombre enfumée ; tout glisse, même le sol. C'est commode avec ma prothèse. Il y en a un qui se frotte derrière moi : Viens dans une cabine, me chuchote-t-il à l'oreille, j'ai des « poppers » ! Il me prend par la main, on sort de la vapeur. C'est mon éditeur !
I. Le fond de l'air est frais
Le 13 novembre grève reconductible à la SNCF, le 14 novembre grève à EDF et GDF, le 20 novembre grève à La Poste et France Télécoms et le 29 novembre grève de la magistrature...
II. Complot
Je hausse les épaules en lisant que Rachida Dati furieuse de voir la presse s'amuser de son vrai-faux diplôme menace de dire partout que l'Express et le Canard Enchaîné sont des journaux racistes. Ben voyons...
III. Utilités
La France aime bien les comités Théodule, ça permet de recaser les vieilles gloires. Il en va ainsi du Conseil d'Analyse de la Société présidé par Luc Ferry. Après une parution sur "L'homoparentalité, réflexion sur le mariage et l'adoption" (que je n'ai pas lu), le CAS vient de sortir un opuscule sur "Les défis du syndicalisme" qui n'est pas inintéressant bien qu'il n'apprenne rien que l'on ne sache déjà... Ces rapports (même pas en libre téléchargement) sont censés éclairer la réflexion du Premier Ministre. On pourrait peut-être en faire l'économie...
IV. Ma vie palpitante (1)
Je descends les Champs-Elysées et je croise l'étrangleur de France 2. Je le trouve plutôt petit et gringalet. Mais on peut être gringalet et avoir des poignets costauds comme on dit dans les backrooms.
V. Ma vie palpitante (2)
Je descends nuitamment faire le tour du pâté de maisons pour fumer en douce une cigarette (j'essaye encore d'arrêter). Alors que les rues sont désertes et silencieuses, un VTT arrive de nulle part, passe à ma hauteur et s'arrête. La bombe qui est dessus engage la conversation. C'est toujours quand on ne peut pas qu'on vous propose de jouer à la brouette japonaise. Mais c'est bien joli tout de même et bien gentil de s'être arrêté me faire un brin de causette. De quoi humidifier les rêves.
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, Article 19 : Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Diskleriadur Hollvedel Gwirioù Mab-Den, Mellad 19 : Pep hini en deus gwir d'ar frankiz d'ober e veno ha d'en disklêriañ, da lavarout eo gwir da chom hep bezañ trubuilhet en abeg d'e vennozhioù, gwir da glask, da resev ha da skignañ keleier ha mennozhioù, dre n'eus forzh pe zoare disklêriañ, hep teurel pled ouzh an harzoù.