Une trace, un message embouteillé, une humeur impudique, un clin d'oeil lancé à la cantonade : ce journal n'a pas d'autre ambition que de lancer quelques cailloux sur la surface de la blogosphère. Parfois, sans l'avoir vraiment espéré, un ricochet...
N'oublie pas, lecteur, nous nous ressemblons.
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Humeur du moment :
J'écoute : Rameau ou Charpentier ? Je regarde : le frigo vide Je lis : le courrier d'un mois d'absence Je joue : à ne rien faire Je mange : des alouettes sans tête Je bois : une mauresque, ça rappelle les vacances Je cite : "je consens vu que je suis bonne à laisser admirer ma charmante personne" Je pense : que les vacances m'ont fait grand bien Je rêve : des prochaines vacances (mis à jour samedi 16 août 2008 à 00:12)
Jérôme Kerviel, désormais célèbre personnalité bigoudène de la finance, a un frère aîné, Olivier Kerviel, qui s'est aussi fait connaître dans le milieu bancaire...
Comme on dit à Pont-l'Abbé "Arabad gwerzhañ ar vioù e reor ar yar" (Ne pas vendre les œufs dans le cul de la poule).
En regardant en détail la composition de la Commission "pour la libération de la croissance", je découvre que je connais de près trois de ses membres : une crapule, un benêt et un roublard...
Je n'ai pas toujours des fréquentations avouables.
J'avais perdu progressivement l'habitude de m'épancher sur des cahiers intimes, notant de-ci de-là les trop-pleins de mes émotions. J'avais fini par trouver cet exercice suffisamment vain pour ne plus conserver ces jetés d'écriture à vif, détruisant sitôt écrites ces pages noircies, étant simplement satisfait de ce plaisir devenu trop rare de délaisser le clavier pour écrire à la plume sur un beau papier vierge.
Et puis relire sa propre bêtise vingt ans plus tard était devenu un jeu trop sadomasochiste. Les journaux intimes sont trop intimes pour être lus, y compris par soi-même. Le temps fait aussi un curieux office : relire des prénoms de garçons qui semblaient être le centre du monde et dont pourtant nul visage ne revient en mémoire... Ces histoires qui n'existent pas m'ont lassé. Malgré tout, ces cahiers sont sauvés du feu grâce aux quelques bribes de vie qui ont encore le pouvoir de ce curieux pincement du cœur qu'on appelle nostalgie.
L'époque a voulu que l'on dise désormais au-dehors une part de soi. Alors on ouvre un blog sans trop savoir pourquoi. Certains se confient à la multitude en tenant un journal extime (joli néologisme, de Michel Tournier ?). Certains, mais pas moi. Je vois bien que je suis avare de moi-même dans ces lignes qui partent pour d'improbables lecteurs. Cette expression contenue et parfois millimétrée parle à d'autres, d'autres choses. Pas de moi pour moi.
Alors par cette belle journée d'un dimanche à marcher seul dans les rues de Paris, j'ai soudain eu envie de m'écrire, de me chuchoter mes tourments, de me dire l'inaudible. Je me suis donc acheté un cahier Moleskine et j'ai repris mon stylo-plume.
Pierre Boussel-Lambert n'a pas joué dans Brokeback Mountain. Il est mort quand même.
Cette figure historique du trotskysme n'était pas la plus sympathique. Les méthodes de ses épigones ne sont pas non plus des plus avenantes.
A son enterrement au Père-Lachaise, une délégation de Force Ouvrière était présente. Elle était conduite par deux anciens Secrétaires Généraux (Bergeron et Blondel) ainsi que l'actuel (Mailly). Cela fait peut-être beaucoup pour l'organisation syndicale apolitique... Enfin moi je dis ça, c'est par pur mauvais esprit.
Mais comme je suis de bonne composition, une petite chanson de circonstance :
I. Jeunes filles en fleur
Ce week-end mon humble salon se transforme en gynécée. L'une de mes nièces débarque avec quatre de ses copines. Un honorable correspondant me suggère "C'est génial, vous pourrez parler des garçons en vous faisant des tresses !".
II. Reformulation
Harassante journée de travail en compagnie de quelques adorables camarades (officiellement c'est un pléonasme). S'entraîner à dire "la camarade aux conseils si avisés pourrait-elle faire une pause ?" tout en pensant "Quand la gourde aura fini de m'interrompre avec ses considérations oiseuses on pourra clore la réunion". Ne pas oublier de partir en disant avec un large sourire que l'échange a été riche et instructif.
III. Affirmatif
Lu dans un blog cette question : porter un T-shirt "I love VIH" est-ce une provoc de blaireau ? Oui.
IV. Municipales Denise Fabre est candidate sur la liste UMP de Christian Estrosi à Nice. J'ai toujours préféré Garcimore...
V. Homophobie
Continûment l'actualité montre que l'homophobie tue. L'arrestation de deux jeunes à Cambrai ayant tué un homme dans un parc à coups redoublés nous le rappelle encore. Je rajoute cette triste contribution à l'un de mes posts précédents sur l'identité homosexuelle...
J'ai fait des transactions hasardeuses avec ma carte bleue.
Dès les premiers signes de krach, j'ai essayé de me masquer à moi-même la tragédie en utilisant les ressources onéreuses d'un crédit-revolving détournant ainsi toutes les alarmes informatiques de consultation de mon compte sur Internet. Mais cette tentative de diversion a fait long feu : mon compte courant affichait malgré tout un déficit abyssal de 400 euros.
Devant cette excès de confiance à moi-même et cette incompétence financière que je ne pouvais plus me cacher, je me suis proposé ma démission et je me la suis aussitôt refusée. Je me suis même laissé en liberté, ce qui est un peu risqué.
Par un communiqué in petto lénifiant je me suis rassuré en annonçant qu'avec la paie de fin de mois, dès la semaine prochaine je pourrai afficher une surface financière, certes amputée de mes propres turpitudes, mais suffisante pour pourvoir à ma frugale alimentation quotidienne.
Comment parler de mai 68 ? Comment sortir des sentiers battus et des caricatures ? Je me posais cette question en me donnant le temps de trouver un angle d'ici mai prochain. Les quarante ans des "événements" vont donner lieu à foultitude de livres, commentaires, reportages, débats, expositions et même marchandising...
Je me posais la question et je me la pose encore plus après avoir vu l'émission de Marie Drucker ce soir sur France 3. Son "Droit d'inventaire" n'était ni bon ni mauvais, il était juste adapté au format magazine : de brèves séquences thématiques entrecoupées de brefs débats entre témoins (sauf l'inénarrable Copé* qui avait 4 ans en mai 68, n'a rien vécu mais tout compris). Mais de cette brève narration et de ces brefs échanges il n'y a rien à retenir que l'on ne sache déjà et rien qui pourrait faire appréhender ce moment d'histoire si singulier à ceux qui en sont les produits sans le savoir. L'Histoire s'est déjà désincarnée et les petites histoires n'intéressent déjà plus.
Comme souvent (et aussi pour des raisons liées aux archives audio-visuelles) on ne parle que d'un mouvement étudiant et parisien, rien ou si peu ne transpire du mouvement ouvrier et provincial. Pourtant la "traîne" de mai 68 découlera autant des uns que des autres. Les années 70 seront autant celles des mouvements sociétaux (MLF, FHAR) que celles des LIP... Craignons que les jeunes générations ne s'imaginent que le Joint Français soit un mouvement hippie aux cigarettes coniques...
Les années 70 m'intéressent plus que mai 68 lui-même, d'abord parce qu'ayant été adolescent pendant les unes et gamin pendant l'autre, ensuite parce qu'à l'heure du "gagner plus" j'aimerais raconter comment nous voulions "vivre mieux". Mais à ce jeu-là vient rapidement le travers des anciens combattants : reprocher aux autres de jouir de ce qu'il nous a fallu arracher aux pesanteurs d'un autre temps. Alors peut-être faudra-t-il, malgré tout, abandonner l'Histoire et retourner aux petites histoires... Mes petites histoires.
(*) L'insondable morgue infatuée du personnage n'a fait que mettre en lumière la douceur pétillante et l'intelligence du Préfet Grimaud qui à 94 ans témoigne d'une vivacité d'esprit remarquable et enviable.
II. Visite
Je déteste les représentants qui sonnent à votre porte le samedi midi : ce n'est pas une heure pour réveiller les gens !
III. Lubricité
Vu dans un bar connoté un certain Jean-Philippe. Je n'ai pas osé lui demander s'il se faisait appeler Jean-Phil...
IV. Maman
Coup de fil maternel, ce jour. "Papounet t'embrasse, mon petit". Décidément, plus nous vieillissons, plus le vocabulaire familial devient infantile.
V. Bidonville
Ayant trouvé dans ma boîte aux lettres la prose du candidat UMP aux prochaines municipales, je découvre - en photos - que mon arrondissement est composé de taudis en ruines et de squats, est couvert de détritus et pullule de rats. J'adore être pris pour un con.
Photo d'illustration : porte de l'Ambassade de Pologne à Tallinn (désolé pour la surexposition, je suis un piètre photographe).
Pourquoi tenir deux blogs ? Un sur Gay Attitude et un autre ailleurs ? Je m'interroge sans cesse à lire certains gaïens qui se dédoublent. Ce qui serait dit ailleurs ne pourrait-il pas être dit ici ? Ou inversement.
L'aspect communautaire de GA inciterait-il les lecteurs extérieurs au mutisme ? Je me pose souvent la question en constatant que les lecteurs inconnus tracés par les statistiques ne commentent que très rarement. Mais liraient-ils plus, commenteraient-ils plus ailleurs ?
Nicolas Sarkozy fait du jogging. Dans la vie privée comme en politique. L'agenda frénétique des annonces politiques donne le tournis. Le plan de communication basé sur le "je dis ce que je fais et je fais ce que je dis" semble prendre consistance dans l'opinion à force d'être martelé mais il en dit tellement qu'il y a bien nécessairement des choses faites qui ont été dites. La fusion ANPE-UNEDIC peut en être un exemple.
Pourtant le sens du vent sarkozien est plus souvent aléatoire et la vraie-fausse suppression des 35 heures donne la mesure de l'à-peu-près dans la vision politique présidentielle. En l'espèce, on est dans la rodomontade personnelle et non dans le projet de société porté par un mouvement politique. Il n'y a pas que le(s) malheureux PS qui tente(nt) d'ajuster ses(leurs) répliques aux annonces du Calife, les réactions hasardeuses des ministres, censés nous gouverner, pour soutenir des annonces qu'ils découvrent en même temps que nous, sont tout autant réjouissantes.
Les girouettes politiques ressemblent à des anémomètres. A peine le Conseil d'Administration de Radio France avait-il voté le principe de la publicité à l'antenne que notre Nicolas proposait de la supprimer de l'audio-visuel public ! Dans cet amusant pas de valse à trois temps, ceux qui avaient en leur temps conspué l'apparition de la réclame mercantile à l'ORTF cherchaient leurs esprits avant d'apprendre qu'on allait les taxer pour payer la facture.
Entre les velléités annoncées et les résultats réels, l'écart est masqué par les effets d'annonces. Dernier exemple de l'actualité, la conclusion d'un accord entre partenaires sociaux sur la "modernisation du marché du travail" qui a donné lieu à des envolées lyriques de notre Conducator. Mais personne dans la nuée de journalistes qui guettent soir et matin l'humeur présidentielle pour remarquer que l'objectif fixé à l'origine du "contrat unique" s'est soldé par la création d'un nouveau contrat de travail (CDD à objet défini). Peu importe l'ivresse, pourvu qu'on ait remarqué le flacon...
En somme l'ouverture affichée dans la composition gouvernementale ne correspond pas à un déplacement du point d'équilibre politique vers le centre, mais à un assemblage à hue et à dia. On admirera ainsi la cohérence des "couples" ministériels comme Boutin-Amara. Ce n'est plus un gouvernement, c'est l'île du docteur Moreau...
Certains pourraient se réjouir de l'absence de doctrine puisque le clivage droite-gauche n'existerait plus, l'absence de boussole ayant supprimé le nord. On empile donc des rapports. Le hasard faisant bien les choses, il se trouve toujours une recommandation par-ci par-là que l'on peut aisément suivre pour faire semblant d'écouter les uns autant que les autres. Dernier en date, le rapport Attali sur la croissance prévient qu'il n'est pas un catalogue où l'on choisit à la carte, il fait ainsi l'aveu qu'il n'est pas dupe de son sort. On se réjouira néanmoins que cette boulimie de rapports sauvegarde les emplois à la Documentation Française.
En matière de relations internationales on pourrait aussi chercher une cohérence dans la vision du monde sarkozienne et vouloir décrypter l'énigme de sa "politique de civilisation". Essayer de comprendre ce fil invisible qui relie Khadafi à Chavez, Bush à Hu Jintao... Mais faute d'une intelligence suffisante pour comprendre les desseins présidentiels nous devons avouer notre échec. Nous ne savons pas où nous allons mais nous y allons.
Je lis dans un post récent que la culture gay (*) n'existe pas, que c'est une invention commerciale. Ce propos tenu, soit dit en passant, sur un site affichant une "gay attitude" ne manque pas de saveur (parler de la corde dans la maison du pendu en quelque sorte), il nous amène à disserter quelque peu sur l'identité homosexuelle...
Dans un registre un peu similaire, Guy Hocquenghem écrivait que l'homosexualité a été inventée en 1869. Derrière la provocation lapidaire il voulait signifier qu'avant l'invention du mot, la chose n'existait pas, pas au sens de ce qui s'est cristallisé dès que le mot fût prononcé. Pour Hocquenghem, le mot fonde le concept et le concept crée artificiellement l'identité. Supprimons le mot et l'homosexuel n'existe plus. Au surplus, le mot rend unique ce qui est multiple ( « Il faut s'interroger sur ce nom, parce qu'il nous "fait", d'une certaine manière, qu'il crée par collages la fausse simplicité d'un truisme vital »). Dans la foulée, le blog cité énonce : « être homosexuel (homme ou femme) en 2008, c'est comme être hétérosexuel ( homme ou femme) il y a autant d'identités que d'individus ». L'assertion n'est ni vraie ni fausse, elle est a-sociale. Eternel débat entre nature et culture : l'individu n'est rien en soi, il n'existe que par rapport aux autres. L'obscurité n'existe que par la lumière. Les autres fondent aussi ce que l'on est. En 2008 aussi...
Le discours d'Hocquenghem qui s'inscrit dans la lignée de la pensée de l'Anti-Oedipe de Deleuze et Guattari, va à l'encontre des analyses marxistes ou marxisantes produites dans les années 70. Celles-là renversent le point de vue : ce n'est pas l'individu qui se crée une identité, c'est le regard social qui la fonde. Ce n'est pas la perception de soi qui est déterminante, c'est la perception que les autres ont de soi. Cette approche considère ainsi la "bisexualité" non du point de vue intime ou "mathématique" (quelle proportion de ceci ou de cela) mais directement à travers les conséquences sociales : les discriminations ou la répressions s'attachent aux formes et non à la perception de soi, on "est" aussi ce que la société nous assigne d'être. C'est la part montrée ou perçue d'homosexualité qui fonde la réaction sociale. D'une certaine manière on peut être perçu comme homosexuel (avec toutes les conséquences que cela peut avoir) sans même que l'on se perçoive soi-même comme tel. Dans cette vision, c'est la production de normes sociales qui est mise en exergue (**).
Mais se baser sur une sorte de prééminence du regard social par rapport à l'intime fait oublier ce que l'on donne à voir et à comprendre au monde qui nous entoure. Nous sommes aussi ce que nous voulons être. A ce titre et le raisonnement n'est pas que de pure forme, on peut se définir comme homosexuel sans jamais avoir eu un seul rapport sexuel. Ainsi, on a pu sourire en lisant un conseil qui n'en est pas un dans un post récent à usage pédagogique, un gaïen affirmant : « de fait, se baser sur une unique expérience pour déterminer votre orientation sexuelle est stupide, n'y songez donc même pas ».
Le rapport dialectique entre le regard social et la perception de soi trouve peut-être son dépassement dans la revendication de l'un par l'autre : dit trivialement, il m'importe peu que ma boulangère pense que je suis pédé si je me dit en même temps qu'elle a bien raison.
Ajoutons dans ce tableau une illustration directe de ce débat : la suppression de l'homosexualité de la liste des maladies mentales par l'Association Psychiatrique Américaine en 1974. La polémique qui présida à la suppression mériterait d'être narrée en détail puisque ce qui aurait dû être une controverse scientifique fût, et pour cause, une bataille politique. Afin de trouver un compromis une éphémère définition fût proposée : l'homosexualité pouvait être "égo-syntonique" (le sujet juge son homosexualité acceptable) ou "égo-dystonique" (le sujet est perturbé par son homosexualité), seule cette deuxième figurait alors dans la nomenclature (dans le DSM-IIi). Pour la première fois de l'histoire, une maladie n'était pas définie par des normes scientifiques : c'est la personne elle-même qui décide si elle est ou non "malade" ! Compromis intenable. Finalement, l'homosexualité égo-dystonique a fini au musée des curiosités improbables et les versions suivantes du DSM ne firent plus mention de l'homosexualité. Bel exemple pourtant de l'imbroglio entre le regard social et la perception de soi...
(*) Le choix iconographique (tiré d'une représentation des "Paladins" de Rameau) est évidemment une affirmation non-dite mais
signifiante.
(**) Pour ne pas alourdir ce texte, on fera l'impasse sur le discours de SEXPOL à la suite de Wilhelm Reich, cherchant à faire la jonction entre Freud et Marx...
Alors que j'essaye désespérément d'attirer l'attention de X pendant les pauses cigarettes, il ne manifeste d'intérêt que pour mon amie G* (comme s'il pouvait être hétéro. N'importe quoi !). G* me console « hihi, t'inquiètes pas, il drague la mère pour avoir la fille ».
Aucune photo sur le JDI de David Beckham posant pour les slips Armani, ni du jeune Eduardo Cruz qui se lance dans la chansonnette avec l'aide de sa Pénélope de sœur. Le niveau d'actualité iconographique de GayAttitude baisse. Je vais finir par être obligé de "lire" Têtu pour connaître l'envol des corps beaux.
Maintenant que les soldes ont commencé nous sommes heureux d'apprendre que Christine Lagarde a acheté une cravate à 60 euros pour Nicolas S. et François F., ses patrons.
Et puisque nous parlons chiffons, nous sommes ravis de savoir que Dominique de Villepin s'habille désormais en robe !
Puisque les "Tontons flingueurs" ont été rediffusés dimanche soir, c'est l'occasion de faire une spéciale dédicace à l'esprit diplomatique de mon ami Dexter-Dexter...
Reçu aujourd'hui les vœux 2008 d'une grande banque sous la forme du CD "Transcriptions" de l'ensemble Accentus dirigé par Laurence Equilbey. Je ne vais pas me plaindre, d'autant que je ne suis client ni à titre personnel, ni à titre professionnel, de la dite banque au mécénat musical actif...
Puisque je suis passé à Dinard, il fallait bien que je prenne une photo de la plaque commémorative du débarquement de Jean IV (3 août 1379). Cet épisode historique du duché de Bretagne serait tombé dans l'oubli le plus profond s'il n'avait été célébré par un "tube" de la musique bretonne : an alarc'h (le cygne) et servi de légende nationaliste.
L'épopée glorifiée par cette chanson veut que le duc Jean IV, exilé en Angleterre, soit rappelé par son bon peuple car le roi de France, Charles V, voulait annexer la Bretagne. Evitant Saint Malo, aux mains des français (avec Du Guesclin), il accoste en face à Dinard, accueilli par une foule en liesse se jetant à l'eau à son approche. Cette aimable bluette est répétée comme parole d'évangile par de nombreux sites (comme ici). L'actuel maire de Dinard, dans le livre obligé qu'il a consacré à l'histoire de sa ville, se laisse emporter par son élan visionnaire pour imaginer que "peut-être 10 000 personnes", de toutes conditions, accueillirent le duc à son retour d'exil.
Les chroniques de l'époque, à prendre avec des pincettes, se bornent à indiquer que 350 chevaliers et écuyers sont venus au-devant du duc. C'est déjà beaucoup. Quant à imaginer que les paysans du coin aient accourus...
Situons rapidement les choses : le duc Jean IV, est à la tête du duché après une guerre de succession qui a divisé la noblesse et laissé des traces. Il est anglophile (comme une partie de la noblesse bretonne) mais sans doute un peu trop zélé : il place ses amis grand-bretons aux commandements des places fortes (dont Brest). Excédée par son rôle minoré, la noblesse fait appel au roi de France. Celui-ci envoie ses troupes (et Du Guesclin qui avait pris le parti adverse dans la guerre de succession) : le duc s'enfuit avec pertes et fracas de l'autre côté de la Manche.
En exil il en fait trop, en particulier il proclame qu'il renie son hommage au roi de France, ce qui amène Charles V (selon la logique féodale), à annoncer la mesure de « confiscation » du duché. La noblesse bretonne se voyant menacée dans ses droits par cette mesure se décide alors à rappeler le duc pour reprendre sa place. C'est donc avec une joie toute modérée d'intérêts politiques personnels que, six ans après l'avoir chassé, une délégation vient accueillir Jean IV à Dinard. Du Guesclin ne s'opposera pas retour du duc....
L'épisode est utilisé aujourd'hui comme un symbole nationaliste : échec à l'annexion de la "nation bretonne". Mais la réalité médiévale s'accommode peu d'une notion moderne comme la "nation". Ce sont les droits de suzeraineté et les querelles dynastiques bretonnes (entre les Montfort et les Penthièvre) qui sont en jeu ici.
L'annonce de l'évaluation des ministres par un cabinet d'audit privé (Mars & Co) m'a d'abord fait sourire : le côté infantilisant de la chose et la tête des ministres faisant contre mauvaise fortune bon cœur suffisaient à mon bonheur lors des actualités vespérales.
L'évaluation des politiques c'est le vote : cette remarque entendue ici ou là est juste, mais de prime abord elle pourrait sembler à côté du sujet. Pour les citoyens, en effet, le vote est la sanction politique. Mais l'évaluation annoncée est destinée en théorie à un usage interne : permettre à Sarkozy (à Fillon) de juger de l'efficacité de ses ministres à l'aune de ses propres critères et objectifs. Les critères retenus ne sont pas les nôtres, ce sont les siens. Aussi stupides puissent-ils nous paraître, ils ne devraient pas appeler notre jugement : qu'il se débrouille à les évaluer d'une manière ou d'une autre...
Sauf que...en annonçant à la ville et au monde cet audit, on nous demande de facto de partager l'évaluation. La méthode devrait recueillir notre assentiment et les résultats guider naturellement nos votes futurs. Par un syllogisme : si un cabinet d'audit dit qu'un ministre a atteint les objectifs qui lui étaient fixés, c'est que le ministre est bon, et si le ministre est bon c'est qu'il faut le garder, et pour le garder il faut conserver Sarkozy...
Ainsi donc les critères retenus devraient devenir les nôtres. Nous devrions mesurer la grandeur d'âme de Monsieur Hortefeux au nombre d'immigrés sans papiers expulsés, apprécier le rayonnement culturel de Madame Albanel au nombre d'entrées gratuites dans les musées, jauger la force de persuasion de Monsieur Darcos au nombre d'heures supplémentaires des enseignants et autres fariboles du même tonneau...
Le mélange des genress'affirme toujours plus. Seul, le président, apparaît comptable de sa politique devant les citoyens-électeurs, ses ministres, "dépolitisés", ne sont que des chargés de mission évalués hors du champ de la subjectivité politique. Dès lors, ils ne sont plus très différents des conseillers et autres directeurs de cabinet. Ces derniers, s'exprimant désormais publiquement, volent la vedette aux ministres et décident parfois à leur place.
La Vème République s'est encore plus présidentialisée. Nous avions eu droit à une forme de monarchie républicaine, désormais nous voici avec le manager en chef de l'entreprise France. Le malheureux Fillon restant confiné au rôle de contremaître. Une entreprise qui pique ses cadres à la concurrence (l'ouverture) et dont le manager en chef, en bonne logique, étale son statut avec force Rolex, yacht et Jets privés...
I. Smoking, No smoking
Je me suis donc réveillé dans cette France d'après où l'on ne fume plus dans les "lieux de convivialité" (expression ridicule, comme si on avait le droit de fumer dans les lieux publics où l'on s'ennuie à mourir). Nous ne contesterons pas la nécessité d'une réglementation plus sévère, même si celle-ci nous semble un peu excessive en ne laissant aucun espace aux derniers tabagiques. Moi qui voulais faire un tour dans un bar à chicha pour tâter du narguilé et du tabac à la pomme avant le couperet de la loi, c'est raté, je n'en aurais pas eu le temps et le loisir. Quelle reconversion pour ces bars dont la vocation était - précisément - d'y fumer ? Au lieu d'aspirer, nous soufflerons dans les narguilés pour faire de belles bulles de savon...
II. Iowa
Avant de se défouler sur nos élections municipales, observons les présidentielles américaines qui démarrent par l'IOWA. Pour une fois aucun sortant ne se présente (ni président, ni vice-président) et il y a une chance non négligeable pour que le futur président US soit une femme ou un noir... Du moins à supposer que les Démocrates l'emportent. Ce qu'évidemment nous souhaitons tous.
III. Rupture
On allait voir ce que l'on allait voir et on a vu ce qu'on a vu. Les vœux, en direct donc et les yeux rivés sur le prompteur, de notre président de la République ont été aussi chiants que des vœux enregistrés à l'avance. On regrette le lyrisme paternel de Tonton, et même le kitch hilarant de la cheminée qui crépite avec Giscard, Madame et le chien. Le petit Nicolas, en costume de deuil et cravate noire, nous a servi le discours du candidat qu'il n'est plus avec en prime la notion de "politique de civilisation" , une lubie de papa Guaino (*) ?
IV. Vœux
Pour le reste du bestiaire politique, le lecteur passionné ou n'ayant rien d'autre à faire, pourra toujours voir leurs vœux sur Internet. On m'a dissuadé (assez facilement) de regarder ceux de Ségolène. J'ai jeté un œil rapide sur ceux de Panaf' (j'ai dû interrompre à cause d'une crise d'urticaire galopante). Je n'ai pas vu ceux de Bertrand : notre bon maire n'en a pas fait... Et à vrai dire on s'en passe très bien.
V. On s'en fout
Mauvaise nouvelle pour les possesseurs d'un iPhone de la marque à la pomme : l'iPhone 2 avec GPS, 3G, 16Go, batterie longue durée et tout le bazar est annoncé pour début 2008...
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(*) Papa Guaino : depuis le temps que je voulais sortir ce misérable jeu de mot mozartien !
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, Article 19 : Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Diskleriadur Hollvedel Gwirioù Mab-Den, Mellad 19 : Pep hini en deus gwir d'ar frankiz d'ober e veno ha d'en disklêriañ, da lavarout eo gwir da chom hep bezañ trubuilhet en abeg d'e vennozhioù, gwir da glask, da resev ha da skignañ keleier ha mennozhioù, dre n'eus forzh pe zoare disklêriañ, hep teurel pled ouzh an harzoù.