MAIS SI...
Comment parler de mai 68 ? Comment sortir des sentiers battus et des caricatures ? Je me posais cette question en me donnant le temps de trouver un angle d'ici mai prochain. Les quarante ans des "événements" vont donner lieu à foultitude de livres, commentaires, reportages, débats, expositions et même
marchandising...
Je me posais la question et je me la pose encore plus après avoir vu l'émission de Marie Drucker ce soir sur France 3. Son "Droit d'inventaire" n'était ni bon ni mauvais, il était juste adapté au format magazine : de brèves séquences thématiques entrecoupées de brefs débats entre témoins (sauf l'inénarrable Copé* qui avait 4 ans en mai 68, n'a rien vécu mais tout compris). Mais de cette brève narration et de ces brefs échanges il n'y a rien à retenir que l'on ne sache déjà et rien qui pourrait faire
appréhender ce moment d'histoire si singulier à ceux qui en sont les produits sans le savoir. L'Histoire s'est déjà désincarnée et les petites histoires n'intéressent déjà plus.
Comme souvent (et aussi pour des raisons liées aux archives audio-visuelles) on ne parle que d'un mouvement étudiant et parisien, rien ou si peu ne transpire du mouvement ouvrier et provincial. Pourtant la "traîne" de mai 68 découlera autant des uns que des autres. Les années 70 seront autant celles des mouvements sociétaux (
MLF,
FHAR) que celles des
LIP... Craignons que les jeunes générations ne s'imaginent que le
Joint Français soit un mouvement hippie aux cigarettes coniques...
Les années 70 m'intéressent plus que mai 68 lui-même, d'abord parce qu'ayant été adolescent pendant les unes et gamin pendant l'autre, ensuite parce qu'à l'heure du "
gagner plus" j'aimerais raconter comment nous voulions "
vivre mieux". Mais à ce jeu-là vient rapidement le travers des anciens combattants : reprocher aux autres de jouir de ce qu'il nous a fallu arracher aux pesanteurs d'un autre temps. Alors peut-être faudra-t-il, malgré tout, abandonner l'Histoire et retourner aux petites histoires... Mes petites histoires.
(*)
L'insondable morgue infatuée du personnage n'a fait que mettre en lumière la douceur pétillante et l'intelligence du Préfet Grimaud qui à 94 ans témoigne d'une vivacité d'esprit remarquable et enviable.
24/01/08 - 01:16
Pour le préfet Maurice Grimaud, hip hip hip...
jeuneparisien1978