Au rythme des nyctémères.

Une trace, un message embouteillé, une humeur impudique, un clin d'oeil lancé à la cantonade : ce journal n'a pas d'autre ambition que de lancer quelques cailloux sur la surface de la blogosphère. Parfois, sans l'avoir vraiment espéré, un ricochet...

N'oublie pas, lecteur, nous nous ressemblons.

* * * * * * * * * *
Humeur du moment :

J'écoute : Jean-Joseph Cassanéa de Mondoville
Je regarde : les scores des motions du PS
Je lis : les blogs sur Gay Attitude
Je joue : à commenter les blogs sur Gay Attitude
Je mange : quand je peux
Je bois : un Nespresso (c)
Je cite : Qu’à servir mon courroux tout l’Enfer se prépare : que l’Averne, que le Ténare, le Cocyte, le Phlégéthon, par ce qu’ils ont de plus barbare vengent Proserpine et Pluton.
Je pense : que certains méritent leur réputation
Je rêve : quelques fois
(mis à jour lundi 17 novembre 2008 à 01:54)

27/08/2008

27/08/08 - 01:24

SCYTHES (*)

 


 
Tout l'été nous étions Tibétains par procuration. Nous étions indignés de la violence chinoise. Parfois, nous étions en faveur d'une indépendance du Tibet. Peu importaient la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RPC, nous avions un "devoir d'ingérence" comme disait quelqu'un. Nolens volens, notre diplomatie jouait une valse ridicule pour dire sans trop le dire qu'elle approuvait l'humeur populaire tout en ménageant l'empire du milieu.

Aujourd'hui les Russes reconnaissent l'indépendance de l'Ossétie du sud et de l'Abkhazie. Le bruit des chars à la porte de l'Europe paraît un peu plus audible. La diplomatie européenne condamne la provocation russe au nom du respect des traités, de la souveraineté et de l'intégrité du territoire géorgien (membre du Conseil de l'Europe). On dit craindre, et sûrement avec raison, une nouvelle épuration ethnique dans les dépouilles de l'ancien empire soviétique.

Mais derrière tous les principes affichés, on sent bien qu'il s'agit ici, pour les grandes puissances, de géostratégie, de zones d'influence, d'haines recuites, de ressources territoriales ou que sais-je encore. Il ne s'agit pas vraiment du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, d'ailleurs qu'est-ce qu'un peuple ? La Fédération de Russie verrait bien une Ossétie réunifiée en son sein. Déjà depuis longtemps, lorsqu'on allume un GSM en Ossétie du sud, le message d'accueil souhaite la "bienvenue en Russie" (**)...

La raison commande de s'inquiéter et de condamner l'attitude russe. Et pourtant la juxtaposition de notre indignation pro-tibétaine et de notre volonté de maintenir la partition ossète laisse perplexe. Du coup, totalement ignare au sujet des conflits du Sud Caucase (***), je manque de sincérité pour vibrer à l'unisson de nos dirigeants.

C'est que, voyez-vous, les Ossètes n'ont pas de dalaï-lama...
 
 
 
(*) Les Ossètes seraient, parait-il, de lointains descendants des Scythes.
(**) Anecdote de Ieva Rucevska en mission humanitaire en Ossétie du Sud.
(***) Totalement ignare des conflits du Sud Caucase disais-je, mais je ne demande qu'à être éclairé...

 

commentaires

27/08/08 - 07:56


1. Les populations d'Abkazie et d'Ossétie du Sud demandent leur indépendance et /ou le rattachement à la Russie. Leur parlement l'ont proclamé et ont demandé à la Russie de les reconnaître, ce que la Douma a fait et ce que le Président a entériné.
N'y a t il pas un principe qui permet aux populations de décider de leur destin ?

2. Qu'ont fait l'Europe et les Usa avec le Kossovo, territoire serbe depuis toujours ?

3. Pourquoi refuser aux uns ce que l'on accepte pour les autres ? Il est vrai que le président de Géorgie est pro-américain (ne s'est-il pas formé aux USA où sa famille vit encore, comme Karzaï en Afghanistan...) et que la Géorgie possède des puits de pétrole et de gaz qui seraient bien utiles aux USA pour continuer leur guerre sainte.

4. Kouchner, âme damnée des USA au Kossovo, parle de génocide assuré: il prend ses désirs pour des réalités. La grande majorité des populations sont prorusses. Et puis, ce dernier semble légitimer toutes les guerres (pour un socialiste, c'est toujours étonnant d'entendre ce beau prêchi-prêcha d'obédience américaine. Je préférais nettement M. de Villepin et Jacques Chirac.


5. Ce qui amusant, est que j'entends aujourd'hui dire que la Géorgie appartient à l'Europe. Etrange conception de la géographie qui veut que l'Europe s'arrête au Caucase et à l'Oural. Or , la Géorgie se trouve bien au-delà du Caucase. Il est vrai que l'adhésion de la Turquie à l'Europe reculerait les frontières de l'Europe à l'Irak ! Bien étonnant !

6. Pour le reste, comme pour l'Irak ou l'Afghanistan, les dessous de ces guerres sont nettement économiques pour les uns et pour les autres (la course au contrôle des ressources gazières et pétrolières, ce qui était le cas en Afghanistan où les talibans avaient refusé la construction d'un vaste oléoduc à travers son territoire pour acheminer le pétrole et aujourd'hui en Géorgie) mais nos politiques arriveront bien à nous faire prendre les vessies pour des lanternes,une fois de plus .

7. Une partie de ma famille est géorgienne et une autre vit en Ossétie du Nord !

27/08/08 - 10:26

La question du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est complexe ; en effet, pourquoi refuser à l'Abkhazie et à l'Ossétie du Sud ce que l'on promet au Kosovo ? Mais, dans ce cas, il faudrait que la Russie soit aussi rigoureuse : la Tchétchénie ?

27/08/08 - 13:09

Et ce qui est bon pour les ossètes ne l'est pas pour les tchetchènes...
Ah là là, c'était simple quand les soviétiques ne semblaient faire qu'un.
Attendons qu'un Gorbatchev chinois change la donne et que la Chine explose, qu'on découvre des peuples au nom exotique avec revendications nationales... On n'a pas fini de, de, de... Rigoler ?

27/08/08 - 13:27

" Le bruit des chars à la porte de l'Europe " "de haines recuites"
tu écris de plus en plus en plus dans un style IIIème République, j'ai parfois l'impression d'entendre le marquis de Norpois parlant des balkans dans la Recherche

27/08/08 - 15:34

Jusqu'à l'effondrement de l'URSS, l'Ossétie du Sud jouissait d'un statut de région autonome au sein de la république soviétique de Géorgie.

- en 1989, la province proclame unilatéralement son indépendance de la Géorgie au sein de l'URSS. Combats et intervention de l'armée soviétique.

- 1991: l'URSS s'effondre. La Géorgie accède à l'indépendance et dénonce l'indépendance de l'Ossétie du Sud. L'Ossétie du Sud (nord) et l'Abkhazie (nord-ouest) font sécession, réclamant leur rattachement à la Russie

- 1991-92: la guerre entre les séparatistes sud-ossètes et les forces géorgiennes fait plus d'un millier de morts et des dizaines de milliers de déplacés (exode massif vers la Russie). L'Ossétie du Sud retrouve de facto son autonomie. Fin 1991, elle élit son "président", Edouard Kokoïty, non reconnu par la communauté internationale.

- 1992: les Ossètes du Sud se prononcent à une grande majorité pour l'indépendance de la province lors d'un référendum non reconnu par la communauté internationale; ils renouvelleront leur choix en novembre 2006.

- juin 1992: l'Ossétie du Sud et la Géorgie concluent un cessez-le-feu. Une force d'interposition composée d'unités russes, géorgiennes et ossètes de 500 hommes chacune est déployée en juillet sur la frontière entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud. Le conflit est "gelé".

- depuis son arrivée au pouvoir en 2004 par la "révolution des Roses" de la fin 2003, le président géorgien pro-occidental Mikhaïl Saakachvili a fait une priorité du rétablissement de l'autorité de Tbilissi sur l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. Tbilissi accuse la Russie et ses forces de maintien de la paix en Ossétie du Sud d'encourager les séparatismes.

Officiellement, Moscou reconnaît la souveraineté de la Géorgie sur les deux provinces sécessionnistes, mais le Kremlin prend le parti des indépendantistes dans les différents avec Tbilissi, qui veut entrer dans l'OTAN, et a accordé la nationalité russe à de nombreux habitants d'Ossétie du Sud et d'Abkhasie.

- août 2004: les forces géorgiennes se retirent d'Ossétie du Sud après plusieurs de semaines de combats avec les séparatistes.

- janvier 2005: le président géorgien Saakachvili propose un plan de très large autonomie à l'Ossétie du Sud, qui le rejette et exige l'indépendance.

- février 2005: trois policiers géorgiens sont tués par une voiture piégée à Gori, près de la frontière sud-ossète.

- mai 2005, sous la pression internationale, la Russie signe un accord de émantèlement de ses deux dernières bases militaires en Géorgie d'ici la fin 2008. Le retrait commence en juillet 2005.

- novembre 2005: la Russie double le prix du gaz livré à la Géorgie.

- janvier 2006: l'explosion d'un gazoduc dans le sud de la Russie prive la Géorgie de gaz naturel pendant une semaine, en plein hiver. Le président Saakachvili accuse Moscou, qui dément toute implication.

- février 2006: le Parlement géorgien déclare la fin de la mission de maintien de paix dans la zone du conflit. Les actions de la Russie y seront désormais qualifiées d'"interventions". L'Ossétie du Sud s'oppose aux retrait des soldats russes, et Moscou refuse de retirer ses troupes sans l'accord de Tskhinvali.

- juillet 2006: inauguration de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC).

- 3 septembre 2006: le ministre géorgien de la Défense, Irakly Okrpuachvili, affirme que son hélicoptère a essuyé des tirs au-dessus de l'Ossétie du Sud.

- 6 septembre 2006: la police géorgienne arrête des opposants accusés de préparer le renversement du gouvernement de Tbilissi sur ordre de la Russie.

- 21 septembre 2006: l'OTAN propose un "dialogue intensifié" à la Géorgie sur ses aspirations à intégrer l'Alliance atlantique.

- 22 septembre 2006: Mikhaïl Saakachvili accuse la Russie d'occuper l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud.

- octobre 2006: la Géorgie relâche quatre officiers russes détenus depuis la fin septembre pour espionnage. La Russie décrète des sanctions contre la Géorgie et expulse des centaines de Géorgiens.

- 12 novembre 2006: les Sud-Ossètes se prononcent à 99% pour l'indépendance.

- août 2007: la Géorgie accuse la Russie d'avoir violé par deux fois son espace aérien. Moscou nie.

- 29 avril 2008: la Russie annonce le renforcement de sa présence militaire en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

- août 2008: de violents affrontements éclatent entre les forces géorgiennes et les indépendatistes d'Ossétie du Sud après plusieurs jours d'accrochages.

Dans la nuit du 7 au 8 août, la Géorgie lance une offensive militaire de grande envergure en Ossétie du Sud. La Russie menace d'intervenir si ses citoyens se trouvent en danger et déploie un convoi de blindés. Les Occidentaux appellent les parties à la retenue et au dialogue.

Aujourd'hui, Moscou reconnait logiquement l'indépendance de ses deux régions autonomes. Indépendance réclamée à 99% par les habitants d'Ossétie du Sud.
Toutes les grandes nations de ce monde soutiennent le Tibet et pourquoi cela serait il autrement pour ces peuples ? Reste effectivement le problème de la tchétchénie. Melvedev doit "penser et agir" dans la même direction.

27/08/08 - 17:01

Eh bien, si j'en crois ces différents posts très intéressants (au moins 3 d'entre eux !), il s'agirait donc de soutenir Moscou contre Tbilissi à la condition que le Président russe organise un référendum d'auto-détermination pour la Tchétchénie... (Mais a-t-on les dirigeants occidentaux qu'il faut pour arriver à ce résultat-là ?!?)

28/08/08 - 01:11

Je me permets une petite question : tous ces peuples qui réclament leur indépendance ont-ils bien saisi que cette apparente liberté est dans la plupart des cas synonyme de plus de précarité et que, le plus souvent, la force et la paix se trouvent dans l'union plus que dans la partition ?

28/08/08 - 07:40

Non, je ne pense pas qu'ils pensent si loin. ils veulent se gérer peu importe les conséquences économiques. En belgique, nous connaissons très bien ces problèmes, et, malgré le fait que tous s'accordent sur les dangers de paupérisation, ils veulent le démantèlement.
depuis que l'Allemagne a sonné le démantèlement de la Yougoslavie en reconnaissant l'indépendance de la slovénie, la tendance est de plus en plus aux partitions de pays. La France connaît par ailleurs les mêmes dangers: la Corse, la Bretagne, l'Alsace... L'Italie: la Ligue du Nord... L'espagne...
Au plus on fait de l'Europe un moteyr politique centralisé, au plus les pays connaissent des forces centrifuges. Que faire ???

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, Article 19 :
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

Diskleriadur Hollvedel Gwirioù Mab-Den, Mellad 19 :
Pep hini en deus gwir d'ar frankiz d'ober e veno ha d'en disklêriañ, da lavarout eo gwir da chom hep bezañ trubuilhet en abeg d'e vennozhioù, gwir da glask, da resev ha da skignañ keleier ha mennozhioù, dre n'eus forzh pe zoare disklêriañ, hep teurel pled ouzh an harzoù.

BZH

eXTReMe Tracker